‹ Chefs-d'œuvre dramatiquesChapitre 232 sur 319 · ACTE II, SCÈNE V · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE V

LISETTE

Quel insatiable ! Eh bien ! monsieur, je vous aime.

Eh bien ! madame , je me meurs ; mon bonheur me confond, j'ai peur d'en courir les champs: vous m'aimez , cela est admirable.

LISETTE

.l'aurois lieu à mon tour d'être étonnée de la promptitude de votre hommage; peut-être m'aimerez-vous moins, quand nous nous connoîtrons mieux.

PASQUIN

Ah! madame, quand nous en serons là, j'y perdrai beaucoup, il y aura bien à décompter.

LISETTE

Vous me croyez plus de qualités que je n'en ai.

PASQUIN

Et vous , madame , vous ne savez pas les miennes, et je ne devrois vous parler qu'à genoux.

LISETTE

Souvenez-vous qu'on n'est pas les maîtres de son sort.

PASQUIN

Les pères et mères font tout à leur tête.

36o LE JEU DE L'AMOUR ET DU HASARD.

LISETTE

Pour moi, mon cœur vous auroit choisi dans quelque état que vous eussiez été.

PASQUIN

Il a beau jeu pour me choisir encore.

LISETTE

Puis-je me flatter que vous êtes de même v\ mon égard ?

PASQUIN

Hélas ! quand vous ne seriez que Perrette ou Margot, quand je vous aurois vu le martinet à la main descendre à la cave, vous auriez toujours été ma princesse.

LISETTE

Puissent de si beaux sentiments être durables!

PASQUIN

Pour les fortifier de part et d'autre, juronsnous de nous aimer toujours en dépit de toutes les fautes d'orthographe que vous aurez faites sur mon compte.

LISETTE

J'ai plus d'intérêt à ce serment-là que vous , et je le fais de tout mon cœur

PASQUIN 5e met rt genoux.

Votre bonté m'éblouit , et je me prosterne devant elle.

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