ACTE II, SCÈNE VX. Syt
SILVIA
Elle se l'imagine ; et si elle t'en parle encore , tu peux nier hardiment : je me charge du reste.
DORANTE
Eh ! ce n'est pas cela qui m'occupe.
SILVIA
Si tu n'as que cela à me dire, nous n'avons plus que faire ensemble.
DORANTE
Laisse-moi du moins le plaisir de te voir.
SILVIA
Le beau motif qu'il me fournit là ! j'amuserai la passion de Bourguignon! Le souvenir de tout ceci me fera bien rire un jour.
nORAKTE.
Tu me railles ; tu as raison : je ne sais ce que je dis, ni ce que je te demande. Adieu.
SILVIA
Adieu : tu prends le bon parti... Mais, à propos de tes adieux, il me reste encore une chose à savoir. Vous partez, m'as-tu dit; cela est-il sérieux?
Pour moi, il faut que je parte, ou que la tête me tourne.
SILVIA
Je ne t'arrêtois pas pour cette réponse-là, par exemple.
DORANTE
Et je n'ai fait qu'une faute , c'est de n'être pas parti dès que je t'ai vue.
SILVIA, à part.
J'ai besoin à tout moment d'oublier que je l'écoute.
DORANTE
Si tu savois, Lisette, l'état où je me trouve...
• SILVIA
Oh ! il n'est pas si curieux à savoir que le mien , je t'en assure.
DORANTE
Que peux-tu me reprocher? Je ne me propose pas de te rendre sensible.
SILVIA
Il ne faudroit pas s'y fier.
DORANTE
Et que pourrois-je espérer en tâchant de me faire aimer? Hélas! quand même j'aurois ton cœur...
SILV I A.
Que le ciel m'en préserve ! Quand tu l'aurois , tu ne le saurois pas; et je ferois si bien, que je