ACTE I, SCÈNE XI. 4r
LE CHEVALIER
Après ?
LISETTE
•Eh bien! monsieur le chevalier, tantôt vous l'avez vue soupirer de ses afflictions. IS'auriezvous pas trouvé qu'elle a bonne grâce à soupirer? Je crois que vous m'entendez?
LUBIN
Courage, monsieur.
LE CHEVALIER
Expliquez-vous: qu'est-ce que cela signifie? que j'ai de l'inclination pour elle?
LISETTE
Pourquoi non? Je le voudrois de tout mon cœur. Dans l'état oii je vois ma maîtresse , que m'importe par qui elle en sorte, pourvu qu'elle épouse un honnête homme?
LE CHEVALIER
Lisette, je pardonne le zèle que vous avezpotir votre maîtresse; mais votre discours ne me plaît point.
LUBlN.
Jl est incivil.
Mon voyage est rompu ; on ne change pas à tout moment de résolution , et je ne partirai point. A l'égard de monsieur le comte, je parlerai en sa
4i LA SURPRISE DE L'AMOUR,
faveur à votre maîtresse : et s'il est vrai, comme je le préjuge, qu'elle ait du penchant pour lui, ne vous inquiétez de rien , mes visites ne seront pas fréquentes, et ma tristesse ne gâtera rien ici.
LISETTE
N'avez-vous que cela à me dire, monsieur?
L E CHEVALIER
Que pourrois-je vous dire davantage ?
LISETTE
Adieu ^ monsieur, je suis votre servante.