ACTE III, SCÈNE V. 4o
mes droits ; et, pour dire comme toi, je ne prendrai jamais de part à un cœur que je n'aurai pas conditionné moi-même.
LISETTE
Quoi ! vous voulez bien que je l'épouse? monsieur le veut bien aussi?
M. ORGOÎS.
Oui; qu'il s'accommode : pourquoi t'aimet-il?
MARIO
J'y Consens aussi, moi.
LISETTE
Moi aussi; et je vous en remercie tous.
M. ORGON
Attends : j'y mets pourtant une petite restriction ; c'est qu'il faudroit, pour nous disculper de ce qui arrivera , que tu lui dises un peu qui tu es.
LISETTE
Mais si je le lui dis un peu, il le saura tout-àfait.
M. OROON.
Eh bien ! cette tête en si bon état ne soutiendra-t-elle pas cette secousse-là ? Je ne le crois pas de caractère à s'effaroucher là-dessus.
LISETTE
Le voici qui me cherche, ayez donc la bonté
4o4 LE JEU DÉ L'AMOUR ET DU HASARD.
de me laisser le champ libre ; il s'agit ici de mon
chef-d'œuvre.
M. ORGON
Cela est juste, retirons-nous.
De tout mon cœur.
MARIO
Allons.