‹ Chefs-d'œuvre dramatiquesChapitre 265 sur 319 · ACTE lïl, SCÈNE Vt · texte numérisé non relu

ACTE lïl, SCÈNE Vt

LISETTE

Faquin!

PASQUIN, à part.

Je n'ai pu éviter la rime.

LISETTE

Mais voyez ce magot! tenez !

PASQUiN, à part.

La jolie culbute que je fais là!

LISETTE

Il y a une heure que je lui demande grâce, et que je m'épuise en humilités pour cet animal-là!

PASQUIN

Hélas ! madame , si vous préfériez l'amour à la gloire, je vous ferois bien autant de profit qu'un monsieur.

LISETTE, riant.

Ah ! ah ! ah ! Je ne saurois pourtant m'empêcher d'en rire, avec sa gloire; et il n'y a plus que ce parti-là à prendre. Va , va , ma gloire te pardonne, elle est de bonne composition.

PASQUIN

Tout de bon, charitable dame? Ah! que mon amour vous promet de reconnoissance !

LISETTE

Touche là, Pasquin; je suis prise pour dupe: le soldat d'antichambre de monsieur vaut })ien la coiffeuse de madame.

4 lo LE JEU DE L AMOUR ET DU HASARD.

PASQUIN

La coiffeuse de madame ?

LISETTE

Cest mon capitaine, ou l'équivalent,

PASQUIW.

Masque !

LISETTE

• Prends ta revanche.

PASQUIN

Mais, voyez celte magotte, avec qui, depuis une heure , j'entre en confusion de ma misère!

LISETTE

Venons au fait; m'aimes-tu?

PASQUIN

Pardi oui! En changeant de nom, tu n'as pas changé de visage, et tu sais bien que nous nous sommes promis fidélité en dépit de toutes les fautes d'orthographe.

LISETTE

Va , le mal n'est pas grand ; consolons-nous , ne faisons semblant de rien, et n'apprêtons point à rire. Il y a apparence que ton maître est encore dans l'erreur à l'égard de ma maîtresse : ne l'avertis de rien, laissons les choses comme elles sont. Je crois que le voici qui entre. Monsieur, je suis votre servante.

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