‹ Chefs-d'œuvre dramatiquesChapitre 317 sur 319 · SCÈNE XXI · texte numérisé non relu

SCÈNE XXI

LUCIDOR, ANGÉLIQUE.

LUCIDOR.

Vous pleurez, Angélique.

ANGÉLIQUE

C'est que ma mère sera fâchée; et puis j'ai eu assez de confusion pour cela.

LUCIDOR. -ï

iétez I

A l'égard de votre mère, ne vous en inqu pas, je la calmerai ; mais me laissez-vous la douleur de n'avoir pu vous rendre heureuse ?

ANGÉLIQUE

Oh! voilà qui est fini, je ne veux rien d'un homme qui m'a donné le renom que je l'aimois toute seule.

LUCIDOR.

Je ne suis point l'auteur des idées qu'on a eue» là-dessus.

ANGÉLIQUE

On ne m'a point entendue me vanter que vous m'aimiez, quoique je l'eusse pu croire aussi bien que vous, après toutes les amitiés, et toutes les manières que vous avez eues pour moi, depuis que vous êtes ici : je n'ai pourtant pas abusé de cela; vous n'en avez pas agi de même, et je suis la dupe de ma bonne foi.

LUCIDOR.

Quand vous auriez pensé que je vous aimois , quand vous m'auriez cru pénétré de l'amour le plus tendre, vous ne vous seriez pas trompée. (^Angélique ici redouble ses pleurs. )Et^ pour achever de vous ouvrir mon cœur, je vous avoue que je vous adore.

Page 1