ACTE II, SCENE V. Ci
LA MARQUISE
Finis, finis.
LUBIN
C'est que vous saurez, madame, que Lisette trouve ma personne assez agréable; la sienne me revient assez, et ce seroit un marché fait , si, par une bonté qui nous rendroit la vie, madame, qui est à marier, vouloit bien prendre un peu d'amour pour mon maître qui a du mérite, et qui, dans cette pccasion, se comporteroit à l'avenant.
LA MARQUISE, Cl HoTtensius.
Ah ! écoutons ; voilà qui se rapporte assez à ce que vous m'avez dit.
On parle aussi de monsieur le comte, et les comtes sont d'honnêtes (jens ; je les considère* beaucoup : mais si j'étois femme, je ne voudroi» que des chevaliers pour mon mari. Vive un cadet dans le ménage !
LA MARQUISE
Sa vivacité me divertit. Tu as raison, Lubin ; mais malheureusement,dit-on, ton maître ne se, soucie point de moi.
LUBIK.
- Cela est vrai, il ne vous aime pas, et je lui en
6a LA SURPRISE DE L'AMOUR,
ai fait la réprimande avec Lisette : mais si vous commenciez, cela le mettroit en train.
LA MARQUISE, « Hortensius.
Eh bien! monsieur, qu'en dites-vous? Sentezvous là-dedans le personnage que je joue? La sottise du chevalier me donne-t-elle un ridicule assez complet?
HORTENSItlS.
Vous l'avez prévu avec sagacité.
LUE IN
Oh ! je ne dispute pas qu'il n'ait fait une sottise, assurément: mais dans l'occurence, un honnête homme se reprend.
LA MARQUISE
Tais-toi ; en voilà assez.
• Hélas! madame, je serois bien fâché de vous déplaire; je vous demande seulement d'y faire réflexion.