ACTE H, SCÈNE VI
BOUS pare : les hommes pensent corajne cela ; il faut penser comme les hommes, ou ne pas vivre avec eux. Où en suis-je donc, si le chevalier n'est pointjaloux?L'est-il?ne l'est-il point? On n'en sait rien , c'est un peut-être; mais cette gloire en souffre, toute sotte qu'elle est, et me voilà dans la triste nécessité d'être aime'e d'un homme qui me déplaît ; le moyen de tenir à cela? Oh! je n'en demeurerai pas là, je n'en demeurerai pas là. Qu'en dites-vous, monsieur? 11 faut que la chose s'éclaircisse .absolument.
HORTENSIUS
Le mépris seroit suffisant, madame.
LA MARQUISE
E3i! non, monsieur: vous me conseillez mal ; vous ne savez parler que de livres.
LUBliS.
Il y aura du bâton pour moi dans cette affairelà.
LISETTE, pleurant.
Pour moi , madame, je ne sais pas où vous prenez toutes vos alarmes; on diroit que j'ai renversé le monde entier. On n'a jamais aimé une maîtresse autant fjue je vous aime. Je m'avise de tout, et puis il se trouve que j'ai fait tous les maux imafjinables. Je ne saurois durer comme cela; j'aime mieux me retirer : du moins je ne verrai
point votre tristesse, et l'envie de vous en tirer
ne me fera point faire d'impertinences.
LA M ARQ CISE.
Il ne s'agit pas de vos larmes; je suis compromise, et vous ne savez pasjusqu'où cela va. Voilà le chevalier qui vient, restez ; j'ai intérêt d'avoir des témoins.