LE CHEVALIER, LA MARQUISE, HORTENSIUS
LA MARQUISE
Allons, M. Hortensius, approchez, prenez votre place; lisea-moi quelque chose de gai, qui m'amuse. Chevalier, vous êtes le maître de rester, si ma lecture vous convient ; mais vous êtes bien triste, et je veux tâcher de me dissiper.
LE CHEVALIER, sérieUX.
Pour moi, madame, je n'en suis point encore aux lectures amusantes.
(Il s en va.J
LA M A R Q u I S E , rt Hortcnsius.
Qu'est-ce que c'est que votre livre ?
HO RIEN Si us.
Ce ne sont que des réflexions très sérieuses.
• LA MARQUISE
Eh bien! que ne parlez-vous donc? Vous êtes bien taciturne: pourquoi laisser sortir le chevalier, puisque ce que vous allez lire lui convient? HORTEnsius, appelle le chevalier.
Monsieur le chevalier! monsieur le cheva-
ler
LE CHEVALIER, reparoif.
Que me voulez-vous ?
IIORTENSIUS.
Madame vous prie de revenir; je ne lirai rie» de récréatif.
LA MARQUISE
Que voulez-vous dire? Madame vous prie ! Je ne prie point. Vous avez des réflexions... et vous rappelez monsieur, voilà tout.
LE CHEVALIER
Je m'aperçois, madame, que je faisois une impolitesse de me retirer, et je vais rester, si vous le voulez bien.
LA MARQUISE
Comme il vous plaira: asseyons -nous donc. ( Jh prennent des sièges. )