‹ Chefs-d'œuvre dramatiquesChapitre 65 sur 319 · LA MARQUISE, LE CHEVALIER · texte numérisé non relu

LA MARQUISE, LE CHEVALIER

LA MARQUISE

Le comte, dit-on, étoit avec vous, chevalier. Vouf avez été' bien long -temps ensemble: de quoi donc étoit-il question?

LE CHEVALIER, sérieusement.

De pures visions de sa part, marquise; mais des visions qui m'ont chagriné, parcequ' elles vous intéressent , et dont la première a d'abord été de me demander si je vous aimois.

Mais je crois que cela n'est pas douteux.

id4 LA SURPRISE DE L'AMOUR.

LE CHEVALIER

Sans difficulté: mais prenez garde, il parloit d'amour, et non pas d'amitié.

LA MARQUISE

Ah! il parloit d'amour? II est bien curieux. A votre place, je n'aurois pas seulement voulu les distinguer : qu'il devine.

LE CHEVALIER

Non pas , marquise ; il n'y avoit pas moyen de jouer là-dessus ; car il vous enveloppoit dans ses soupçons, et vous faisoit pour moi le coeur plus tendre que je ne mérite : vous voyez bien que cela étoit sérieux ; il falloit une réponse décisive ; aussi l'ai-je bien assuré qu'il se trompoit, et qu'absolument il ne s'agissoit point d'amour entre nous deux, absolument.

LA MARQUISE

Mais croyez- vous l'avoir persuadé, et croyezvous lui avoir dit cela d'un ton bien vrai, on ton d'un homme qui le sent ?

LE CHEVALIER

Oh 1 ne craignez rien : j e l'ai dit de l'air dont on dit la vérité. Comment donc? je serois très fàché^ à cause de vous, que le commerce de notre amitié rendît vos sentiments équivoques ; mon atta-^ chôment pour vous est trop délicat, pour profiter de l'honneur que cela me feroit. Mais j'y ai mis

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