‹ Chefs-d'œuvre dramatiquesChapitre 79 sur 319 · SCÈNE I · texte numérisé non relu

SCÈNE I

HORTENSE

Oh! moyennant l'embarras où je vais jeter le marquis, il faudra bien qu'il parle; et je veux savoir à quoi m'en tenir. Depuis le temps que nous sommes à cette campagne chez la comtesse, il ne me dit rien. H y a six semaines qu'il se tait ; je veux qu'il s'explique. Je ne perdrai pas le legs qui me revient, si je n'épouse point le marquis.

LE CHEVALIER

Mais s'il accepte votre main ?

HORTENSE

Eh ! non , vous dis -je. Laissez - moi faire. Je crois qu'il espère que ce sera moi qui le refuserai. Peut-être même feindra-t-il de consentir à notre union; mais que cela ne vous épouvante pas. Vous n'êtes point assez riche pour m' épouser avec deux cent mille francs de moins , je suis bien aise de vous les apporter en mariage. Je suis persuadée que la comtesse et le marquis ne se haïssent pas. Voyons ce que me diront là-dessus Lépine et Lisette, qui vont venir me parler. L'un est un Gascon froid, mais adroit ; Lisette a de l'esprit. Je sais qu'ils ont tous deux la confiance de leurs maîtres ; je les intéresserai à m'instruire, et tout ira bien. Les voilà qui viennent. Retirez-vous.

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