SCENE II
LÉPIÎSE.
Madame, je serois volontiers de l'avis de mademoiselle; mais je prends. Le respect défend que je raisonne.
horteKse.
Je ne prétends vous engager en rien , et voici de quoi il est question. Le marquis , votre maître, vous estime , Lépine ?
L É p I is E , froidement.
Extrêmement, madame: il me connoît.
HORTEN SE.
Je remarque qu'il vous confie aisément ce qu'il pense.
LÉPINE
Oui, madame, de toutes ses pensées incontinent jeu ai copie; il n'en sait pas le compte mieux que moi.
HORTEHSE.
Vous , Lisette , vous êtes sur le même ton avec la comtesse ?
LISETTE
J'ai cet honneur-là, madame.
HORTENSE
Dites-moi , Lépine , je me figure que le marquis aime la comtesse, me trompé-je? Il n'y a point d'inconvénient à me dire ce qui en est.
126 JLE LEGS.
LÉPIKE.
Je n'affirme rien ; mais patience : nous devons ce soir nous entretenir là-dessus.
HORTENSE
Eh ! soupçonnez-vous qu'il l'aime ?
LÉPINE
Ces soupçons, j'en ai de violents Je m'en éclaircirai bientôt.
HORTENSE
Et vous , Lisette , quel est votre sentiment sur la^omtesse ?
LISETTE
Qu'elle ne songe point du tout au marquis , madame.
LÉPIME.
Je diffère avec vous de pensée.
HORTENSE
Je crois aussi qu'ils s'aiment.Et, supposons que je ne me trompe pas, du caractère dont ils sont, ils auront de la peine à s'en parier. Vous, Lépine, voudriez-vous exciter le marquis à le déclarer à la comtesse? et vous, Lisette, disposer la comtesse à se l'entendre dire? Ce sera une industrie fort iil«oce»t€.
LÉPINE
Et même louable.