SCÈNE m. i
vos grâces; je ne connoissois pas votre mine.
LISETTE
Qu'importe ? Je vous en offre autant : c'est tout au plus si je connois actuellement la vôtre.
LÉ PI NE
Cette dame se figuroit que nous nous aimions.
LISETTE
Eh bien ! elle se figuroit mal.
L ÉPINE
Attendez ; voici l'accident. Son discours a fait que mes yeux se sont arrêtés dessus vous plus attentivement que de coutume.
Vos yeux ont pris bien de la peine.
LÉ PI NE
Et vous êtes jolie, sandis ! oh! très jolie.
LISETTE. '
Ma foi! monsieur de Lépine, vous êtes très galant, oh! très galant.
LÉPINE
A mon exemple, envisagez-moi, je vous pjfie, faites-en l'épreuve.
LISETTE
Oui-da. Tenez, je vous regarde.
LÉPINE
Eh donc ! Est-ce là ce Lépine que vous connois-
i3o LE LEGS.
siez? N'y voyez-vous rien de nouveau? Que vous
dit le cœur?
LISETTE
Pas le mot. Il n'y a rien là pour lui.
LÉPINE
Quelquefois pourtant nombre de gens ont estime que j etois un garçon assez revenant ; mais nous y retournerons, c'est partie à remettre. Ecoutez le restant. Il est certain que mon maître distingue tendrement votre maîtresse. Aujourd'hui même il m'a confié qu'il méditoit-de vou^ communiquer ses sentiments.
Gomme il lui plaira. La réponse que j'aurai l'honneur de lui communiquer sera courte.
LÉPINE
Remarquons d'abondance que la comtesse se J)laît avec mon maître, qu'elle a l'ame joyeuse en le voyant. Vous me direz que nos gens sont d'étranges personnes, et je vous l'accorde. Le marquis , homme tout simple , peu hasardeux dans le discours, n'osera jamais aventurer la déclaration; et des déclarations , la comtesse les épouvante. Dans cette conjoncture, j'opine que nous encouragions ces deux personnages. Qu'en sera - 1 - il ? Qu'ils s'aimeront bonnement en toute simplesse, et qu'ils s'épouseront de même. Qu'en arrivera-