ACTE l, SCENE V
DOLIGM FILS.
Mais Marianne a-t-elle attiré votre hommage?
LE MARQUIS
Mais, tout comme d'une autre, 011 peut s'en amuser.
DOLIGM FILS.
Ah! feindre de l'aimer, c'est lui faire un outrage.. Et si sou coeur alloitse laiser abuser?
LE MARQUIS
Eh bien! le pis-aller, est-ce un si gnind dommage?
. DOLIG.M FILS.
Comment! vous ne feriez semblant de l'adorer Que pour le seul plaisir de la deshonorer, V
Et d'en rire après son nautrajje!
Ah! marquis, quel projet! quelle malignité! Si vous réussissez dans cette indignité, A vos remords un jour craignez d'en rendre compte . Croyez que tôt ou tard ils ne pardonnent rien. Renoncez à la gloire ou plutôt à la honte D'établir votre honneur sur les débris du sien.
LE MARQUIS
Le monde a cependant des maximes contraires,
DOLIGM FI LS.
Oui, l'on s'y fait un jeu d'un crime accrédité.^ Eh ! que devient la probité?
LE MARQUIS
Elle n'est point requise en ces sortes d'affaires. L'usage et la nature, en faveiir des plaisirs. En ont toujours banni jusqu'au moindre scrupulf. H s'agit d'arriver au but de ses désirs : La morale y joueroit un lôle ridicule.
:.2o LECOLE DES MERES.
DOIIGNI FILS.
Par ma foi ! ce sy.stème est plein d'absurdités. C'est uu assassinat que vous préméditez.
LE MARQUIS
Tu seras en amour une excellente dupe.
Mais, pour me réjouir, je t'alaimois exprès: Marianne aujouril'hui n'est point ce qui m'occupe ; Laissons-la marier, et nous verrons après.
non G -M FILS.
La confidence est fort honnête!
Quant à présent, j'aspire à certaine conquête
Dont je fais un peu plus d'état.
Mon choix va t'étonner; mais prête-moi l'oreille. Doligni, tuconnois cette jeune merveille Çui rempht tout Paris de son nouvel éclat?
DOLIG M FILS.
La célèbre Arthénice?
LE MARQUIS
Oui; ce n'est qu'elle- même.
DOLIGM FILS.
Eh bien ?
LE MARQUIS
Eh bien !
DOLIGM FILS.
J'entends. Ma surprise est extrême.
D'autant plus qu'elle est fine , et que jusques ici De mille et mille amants pas un n'a réussi.
LE MARQUIS
Parbleu, je le crois bien... Dispense-moi du reste.