ACTE I, SCÈNE VI
Seriez-vous assez fou pour en tàter encor?
LE MAKQUIS.
Aurai-je de l'argent?
LAFLEUR
Oui , mais au poitls de l'or.
Il demande un billet du triple, et de bons gages.
Ln MARQUIS.
Mais il eu a déjà pour plus' que je ne dois.
LAFLEUR
Faute de les avoir retirés daus le mois , Ils lui sont dévolus. Ignorez-vous l'usage?
LE :\I ARQUIS.
N'importe. J'ai besoin, en un mot comme en cent, Oe deux mille louis.
LAFLEUR
Quel besoin si pressant En pouvez- vous avoir?
LE MARQUIS
Est-ce donc qu'à mon âge Il n'est pas naturel de cbercher à jouir'
LAFLEUR
Sans être libertin on peut se réjouir.
LE .M A R Q U I s.
Comment donc libertin? Le suis-je?
LAFLEUR
Ah, mon cher maître!
Vous l'êtes beaucoup plus, en croyant ne pas l'être.
LE .MARQUIS
Mais encore, en quoi donc? Di;-le-moi ; j'y consens.
î3tt L ÉCOLE DES MÈRES.
LAFLEDR.
Eh parbleu, tout vous suit à-la-fois ; somme toute. Rieu n'y manque, le vin, le jeu, l'amour.
LE MARQDIS.
Sans doute.
Et ne sont-ce pas là des plaisirs innocents?
LA FLEUR
Vous les menez un train de chasse ; Et vous indisposez le public conti-e vous.
LE MARQDIS.
Ah ! s'il a de l'humeur, que veux-tu que j'y fasse?
Peut-on empêcher les jaloux?
Crois-moi , va , je connois le monde ; On n'y blâme que ceux qu'on voudroit imiter.
LAFL EUR.
En faux raisonnements votre morale abonde. Mais, encore uue fois, sachez vous limiter : Si vous ne changez pas tout-à-fait de conduite, Empêchez que du moins ou n'en parle eu tous lieu.v. Madame votre mère en pouiroit être instruite; Elle a beau vous aimer, elle ouvrira les yeux. Vous avez une sœur, qu'elle vous sacrifie :
Songez-y , je vous signifie Qu'elle pourroit fort bien la tirer du couvent, Pour lui faire avec vous partager l'héritajje,
Et peut-être encor davantage.
Vous savez que monsieur l'en presse assez souvent?
LE MARQUIS
Ehl ventrebleu, va-t'en faire uu tour à l'office. Et rêver en buvant aux moyens les plus prompts