‹ Chefs-d'œuvre dramatiquesChapitre 168 sur 295 · MADAME ARGANT, LE MARQUIS · texte numérisé non relu

MADAME ARGANT, LE MARQUIS

Mme ARGANT.

J'aurois à vous parler.

LE MARQUIS

Vous serez mieux assise.

238 L'ÉCOLE DES MÈKES.

Mme A R G A N T.

Il n'en est pas besoin, restez.

J'exigerois de vous une entière franchise.

LE MARQUIS

Mon cœur vous est ouvert.

Mme A R G A N T.

Vous me {a promette».

LE MARQUIS

Dans la sincérité mon ame est affermie; J'en fais profession , et sur-tout avec vous.

M"ie ARGANT.

Votre mère ne veut être que votre amie.

LE MARQUIS

c'est unir à-la-fois les titres les plus doux.

Mme ARGANT.

A votre âge, mon fils, et fait comme vous êtes, Recevant dans le monde un accueil cnchauteui', On a dii vous dresser mille embûches secrètes, Pour obtenir de vous un hommage flatteur. Quand vous auriez cédé par goût ou par foiblesse ,

J'excuserois votre jeunesse , Je fermerois les yeux. Parlez-moi franchement: V^ous passez pour avoir un tendre attachement. C'est une beauté rare, et qu'on m'a fort vantée. Mais à qui votre sort ne peut pas être joint... Vous rougissez, mon fils, et ne répondez point. Si votre ame, à présent un peu trop enchantée, Ne peut abandonner ce dangereux vainqueur, J'attendrai que le temps vous rende votre cœur, Et vous mette en état d'entrer sans répugnance

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