ACTE 11, SCÈNE IV
M. ARCANT.
Fort bien , j'en suis ravi.
Parbleu, pendant deux mois qu'a duré mon voyage, L'e.vtravagance a fait ici bien du ravage!
LE MARQUIS
Mais en quoi cfonc, monsieur?
M. ARC AN T
Déjà deux ou trois foi? ''^ Ce titre de monsieur a choqué mon oreille. Vous ne vous serviez pas d'épithéte pareille : Le nom de père est-il devenu trop bourgeois "^""^"^ / Pour pouvoir à présent sortir de votre bouche? Il faut que cela soit.
LE MARQUIS
Ce reproche me touche.
Je croyois vous traiter avec plus de respect, Et j'ignore pourquoi monsieur s'en formalise.
M. ARGAXT.
Ma foi, s'il faut que je le dise, Ce cérémonial me paroît fort suspect; Et c'est la vanité qui l'a mis en usage. Je sais que chez les grands il est autorisé;
Que chez les gens d'un moindre étage Ce ridicule abus s'est impatronisé; Il s'est même glissé jusque dans la roture : Mais il n'est pas moins vrai qu'il blesse la nature. Pour chez moi, s'il vous plaît, il n'aura point de coutr". Sachez, en m'appelant par mon nom véritable. Que le titre de père est le plus respectable Qu'un fils puisse donner à l'auteur d« ses jour*.
Mme ARGANT.
II est vrai ; mais enfin je sais qu'au fond de l'ame Il ne m'aime pas moins pour m'appeler madame.
M. ARGANT
Ma femme, quant à vous, je ne m'en mêle pas; C'est une affaire à part ; je n'en veux point connoitre,