‹ Chefs-d'œuvre dramatiquesChapitre 185 sur 295 · M. A KG A. \ T · texte numérisé non relu

M. A KG A. \ T

Eh ! que veux-tu de moi?

MARIANNE

Que vous me laissiez fuir, Et rentrer au couvent d'où vous m'avez tirée.

M. AU GANT

Je ne puis.

MARIANNE

Accordez cette grâce à mes pleurs.

En vous la demandant mon ame est déchirée. Vous m'aimez : je prévois avec quelles douleurs Vous supporterez ma retraite.

M. ARGANT

Ne t'imagine pas non plus que je m'y prête. J'ai de fortes raisons pour ne pas consentir A te laisser aller suivre une folle envie.

MARIANNE

Ah! n'appréhendez pas qu'un jour le repentir

afio L'ÉCOLE DES MÈRES.

Vienne dans mou désert empoisonner ma vie; Je trouverai de quoi fixer tous mes désirs

Dans sa tranquillité profonde:

C'est lorsqu'on a du moins un peu connu le monde Qu'on peut, dans la retraite, avoir de vrais plaisirs. Que je m'en vais l'aimer ! qu'elle me sera chère! Je n'y sentirai plus le poids de ma misère. Hélas ! je l'ignorois dans mon obscurité : J'y vivois, sans me voir sans cesse humiliée Par le défaut de bien, de rang, de qualité ; Permettez qu'à jamais j'y puisse être oubliée.

M. ARGANT

Non : c'est un dessein pris, où je suis .Vfermi. Je te veux marier; et je t'ai destinée

Au fils de mon plus cher ami.

Nous avons tous les deux conclu cet hyménée.

Si! est à ton gré, comme au mien.

Si Doligni te plait... Tu rougis! Ah ! fort bien. \ I La pudeur fut toujours la première des grâces. J'en tire un bon augure. Il sera ton époux... Quel est cet inconnu qui marche sur nos traces?

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