M. A KG A. \ T
Eh ! que veux-tu de moi?
MARIANNE
Que vous me laissiez fuir, Et rentrer au couvent d'où vous m'avez tirée.
M. AU GANT
Je ne puis.
MARIANNE
Accordez cette grâce à mes pleurs.
En vous la demandant mon ame est déchirée. Vous m'aimez : je prévois avec quelles douleurs Vous supporterez ma retraite.
M. ARGANT
Ne t'imagine pas non plus que je m'y prête. J'ai de fortes raisons pour ne pas consentir A te laisser aller suivre une folle envie.
MARIANNE
Ah! n'appréhendez pas qu'un jour le repentir
afio L'ÉCOLE DES MÈRES.
Vienne dans mou désert empoisonner ma vie; Je trouverai de quoi fixer tous mes désirs
Dans sa tranquillité profonde:
C'est lorsqu'on a du moins un peu connu le monde Qu'on peut, dans la retraite, avoir de vrais plaisirs. Que je m'en vais l'aimer ! qu'elle me sera chère! Je n'y sentirai plus le poids de ma misère. Hélas ! je l'ignorois dans mon obscurité : J'y vivois, sans me voir sans cesse humiliée Par le défaut de bien, de rang, de qualité ; Permettez qu'à jamais j'y puisse être oubliée.
M. ARGANT
Non : c'est un dessein pris, où je suis .Vfermi. Je te veux marier; et je t'ai destinée
Au fils de mon plus cher ami.
Nous avons tous les deux conclu cet hyménée.
Si! est à ton gré, comme au mien.
Si Doligni te plait... Tu rougis! Ah ! fort bien. \ I La pudeur fut toujours la première des grâces. J'en tire un bon augure. Il sera ton époux... Quel est cet inconnu qui marche sur nos traces?