SCÈNE II
SAINVILLE , ANGÉLIQUE , LA GOUVERNANTE
s A I N V I L L E , à Anijélifjiic.
Quel est donc ce papier Qu'elle cache avec soin ?
ANGÉLIQUE
c'est notre mariage.
Vous allez me gronder.
SAINVILLE
Quel est donc ce langage?
Ou'avez-vous fait?
ANGÉLIQO E.
J'ai cru pouvoir m'y confier.
SAINVILLE
Qu'eateuds-je?
. angéli q ue.
J'ai tout dit pour vous justifier.
SAINVILLE
De quoi donc ?
ANGÉLIQUE
Elle a tort; il lui plaisoit de croire
4ii LA GOUVERNANTE.
Que vos feux offensoient votre lioimeiir et ma gloire;
Que, l'hymen ue pouvant jamais les couronner,
Au plus fatal espoir j'osois m'abandonner.
A présent je ue sais quel scrupule l'arrête ;
Tenez, demandez-lui ce qu'elle a dans la tète.
LA GOUVERNANTE
Tout ce qu'on peut penser d'un hymen clandestin.
s A I N V II L E.
Pouvions-nous autrement fixer notre destin
Que par un nœud secret? Il étoit nécessaire;
Mais enfin, je le sais, vous m'êtes trop contraire
Pour ne pas abuser du malheureux secret
Dont elle vous a fait l'aveu trop indiscret.
Vous fûtes, vous serez toujours mon ennemie;
Et cependant jamais je ne vous ai haïe.
Je vous détesterois, si j'étois criminel.
Connois;ez un amour qui doit être éternel;
Sachez qu'il n'en est pas moins pur pour être extrême :
J'adore sa vertu, j'en fais mon bien suprême;
Je n'ai rien qui me soit plus cher que son honneur;
Pourrois-je l'eu priver sans perdre mon bonheur,
Sans me déshonorer, sansm'avilir moi-même?
Ce n'est qu'à ses dépens qu'on corrompt ce qu'on aime :
Connoissez mes désirs; je borne tous mes droits
Au seul titre secret...
LA GOUVERNANTE
Ignorez-vous les l»is Et les droits paternels?
Hélas ! qui les ignore ?