SCÈNE \ I
SAlNVILLE , ANGÉLIQUE , LA GOUVERNANTE , LE PRÉSIDENT , LA BARONNE.
SAIN VILLE
Ah, madame! Ah! mon père, Vous n'avez plus de fils!
LAGOCVERNANTE, à Jn^éii^ue.
Vous voyez ce qu'opère Votie indiscrétion.
434 LA GOUVERNANTE
SAIK VI LLE.
Je n'y survivrai pas.
(à la baronne.) Ah, madame! c'est vous qui voulez mou trépas.
LA BARONNE
Qui? moi?
SAINVILLE
Vous permettez qu'Angélique me fuie Sa mère me l'arrache , elle emporte ma vie.
LA BARONNE
Voilà ce que j'ignore.
Arrêtez donc leurs pas:
Mais un père cruel n'y consentira pas.
LE PRÉSIDENT
Qui vous dit que j'exige un si grand sacrifice? Nos enfants n'ont jamais su nous rendre justice.
{à la gouvernante.) Madame, épargnons-nous des discours superflus : Nous nous connoissons tous, ne dissimulons plus; Ce désaveu cruel n'a rien qui m'en impose. J'ai voulu réparer les maux dont je suis cause : Vos refus m'ont porté le poignard dans le sein ;
(en montrant la baronne.) Madame en est témoin. Est-ce votre dessein Que le père et le fils périssent l'un par l'autre? C'en est fait, si mon sang ne s'associe au vôtre. Ah ! daignez nous admettre aux titres les plus doux.
ANGÉLIQUE
Ma mère! il v consent.