‹ Chefs-d'œuvre dramatiquesChapitre 44 sur 295 · SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

SCÈNE VIII

D'URVAL, les yeux Jixés sur les ivles qu'il lient à la main; DAMON.

DAMON

A quoi, t'amuses-tu? Vas-tu lire ces rôles? Eh, morbleu! laisse là des choses aussi folles.

d'l'Rval.

Je regardois sans voir : mon esprit occupé Du pas que je vais faire est encore frappé. De toutes mes terreurs il m'en reste encore une, Qui malheureusement est la plus importune: Me garantiras-tu...? Mais tu ne le peux pas... En renouant des nœuds pour moi si pleins d'appas. Retrouverai-je encor sa première tendresse, Cette conformité, cette même foiblesse, Ce penchant naturel, ce rapport enchanteur, Que le ciel poiu' moi seul avoit mis dans son cœur, Et que je trouve encor dans le fond de mon ame? J'ai cessé trop long-temps d'entretenir sa flamme. Eh! de quoi son amour se seroit-il nourri? Dans le fond de sou cœur il doit avoir péri. Ce soupçon est fondé .sur trop de circonstances ; Vois comme elle a souffert toutes mes inconstances. Non, de si grands chagrins ne sont point si secrets; Ils s'exhalent en pleurs, en soupirs, en regrets. M'a-t-elle seulement honoré de .ses larmes? En a-t-e!le perdu le moindre de ses charmes?

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