‹ Chefs-d'œuvre dramatiquesChapitre 77 sur 295 · SCÈNE XV · texte numérisé non relu

SCÈNE XV

D'URVAL, DAMON.

d'u RV A L.

Tu me vois pénétré de douleur et de rage : Je ne m'attendois pas à ce nouvel orage. . Quelle vengeance affreuse exerce co;i!re moi Cet objet étranger dont j'ai quitté la loi !... Que m'importe, après tout, qu'une épouse volage Sache de sa rivale à quel point je l'outrage !... Cependant je l'accuse, et je suis confondu.

îS'es-tu pas plus heureux que d'être convaincu?

En suis-je moins certain? L'iujure est manifeste. Va, je ne cherchois plus que le plaisir funeste ,

De la cendre odieuse autant que je la hais; Mais sa fausse vertu couvre tous ses forfaits» ^

DAMON. ~'°~~"'' --.-.v»,^ ■

J'ignore les détails de cette perfidie;

Mais je coniiois Constance, et je inettrois ma vie.

d'uR VAL.

Tu la perdrois... Constance... O regret superflu! J'ai creusé cet abynie où son cteur s'est perdu; Mon exemple a c^!use la chute qui m'^^ccable. Est-ce une autorité qu'un exemple coupable?

DAMON

IN'e le suivez donc plus, comme vous avez fait, Puisque vous convenez d'un si funeste effet. Si tu voulois pourtant m'instruire davantage, Ton repos deviendroit peut-être mon ouvrage; Tu u'as que trop suivi toti premier mouvement.

d'uRV AL.

Je le paie assez cher, hélas 1 en ce moment. J'avois beau m'enflammer et m'irriter contre elle. J'ai frémi du danger où j'ai mis l'infidèle. Et je mourois du coup que j'allois lui porter.

Page 1