SCÈNE I
D' U R V A L , D A MON, en domino.
D'fR V AL.
Viens; tandis que le bal dans cette galerie Occupe tout le monde, achève, je te prie. Que veut dire ce peinue?
D A MON
A l'éf^ard du portrait, C'esf un vol; et voici comme on le l'.i soustrait. Dami> a chez ce peintre été par aventure; Il l'a vu travaillant à celte miniature: Alors notre marquis a forme le dessein De se rappro[)rier, er d'en faire un larcin. Un de ■^es ."{ens, qu'il a couvert de ta livrée, L'est aile demander; le peintre l'a liviée, Croyant que ce portrait devoit t'ètre remis: C'est ce que j'en ai su, sans l'avoir compiomis. Car je vii-ns de trouver ce peintre chez Constance; J'ignore a quel sujet, je n'ai point fail d'inslauce.
Ouelle scélératesse 1... Ah! permets, cher ami...
io4 LE PREJUGE A LA MODE.
DAMON
Attends; je ne fais pas les choses à demi.
Dans un endroit du parc j'ai détourné mes traîtres;
D'abord ils ont voulu faire les petits-maîtres;
Mais je leur ai serré de si près le bouton,
Qu'il a fallu, morbleu, qu'ils changeassent de ton.
J'en ai tiré l'aveu de leurs forfanteries :
Ils s'étoient fait tous deux autant de menteries;
Le renvoi de l'écrin leur a fait inventer
Le bonheur dentées fats ont osé se vanter^
Après leur avoir fait la leçon assez forte,
( en lui donnant le portrait. ) J'ai repris le portrait, et je te le rapporte; Je n'imagine pas qu'ils. en osent parler; Et même tous les deux viennent de s'en aller.
d'drval, abattu.
Dans quel excès m'a fait tomber leur impudence !■ l'.t d'un autre coté , quelle affreuse vengeance !
DAMON
Mais tu me parois peu sensible à ce succès.
d'ur V A L. Hélas! reproche-moi plutôt un autre excès. Je me trouve , au milieu de mon bonheur extrême, Un traître, un malheureux en horreur à lui-même. Indigne désormais de ma félicité; J'^t l'on, m'accuse encor d'insensibilité-. Lorsque je vais périr, accablé sous la honte Où m'a plongé l'accès d'une fureur trop prompte..
D.VMOX.
Je vois à, tes regrets...