SCÈNE V. — ZopiRE, SÉIDE, Palmire, Piianor
PHANOR. Ciel! quels affreux objets se présentent à moi ? zopiRK. Si je voyais Hercide !.,. Ah ! Phanor, est-ce toi?
Voilà mon assassin.
piiANOR. 0 crime! affreux mystère!
Assassin malheureux, connaissez voire père.
SÉIDE. Qui?
PALMIRE. Lui?
SÉIDE. Mon père?
ZOPIRE. 0 cieP
PHANOR. Hercide est expirant :
Il me voit, il m'ap])elle; il s'écrie en mourant : S'il en cstencor temps, préviens un parricide;
Cours arrachor ce fer à la main de Séide.
Malheureux coufidciit d'un horrible secret,
Je suis punis, je meurs des mains de Mahomet :
Cours, hùle-loi d'apprendre au malheureux Zopiro
Que Séide tsl son fils, el frère de Palmire. stiDE. Vous!
PALMIHE. Mon frère?
zopiiiE. 0 mes fils ! ô nature ! ô mes dieux !
Vous ne me trompiez pas quand vous parliez pour eux.
Vous m'éclairiezsans doute. Ah! malheureux Séide!
Qui l'a pu commander cet affreux homicide? SÉWE.sejelaïUà (/enoux. L'amourdemon devoir et de ma nation,
Et ma reconnaissance, ei ma religion ;
Tout ce que les humains ont de plus re?peclable
M'inspira des forfaits le plus abominable.
Rendez, rendez ce fer à ma barbare main.
PALMIRE, à genoux, arrêtant le bras de Séide.
Ah, mon père! ah, seigneur! plongez-le danï mon sein.
J'ai seule à ce grand crime encouragé Séide;
L'inceste était pour nous le prix du parricide. SÉIDE. Le ciel n'a point pour nous d'assez grands châtiments.
Frappez vos assassins.
zopiRE, entes embrassant. J'embrasse mes enfants.
Le ciel voulut mêler, dans les maux qu'il m'envoie,
Le comble des horreurs au comble de la joie.
Je bénis mon destin ; je meurs, mais vous vivez
0 vous, qu'en expirant mon cœur a retrouvés.
Séide, et vous, Palmire, au nom de la nature,
Par ce reste de sang qui sort de ma blessure.
Par ce sang paternel, par vous, par mon trépas.
Vengez-vous, vengez-moi ; mais ne vous perdez pas.
L'heure approche, mon fils, ou la trêve rompue
Laissait à mes desseins une hbre étendue :
Les dieux de tant de maux ont pris quelque pitié;
Le crime de tes mains n'est commis qu'à moitié.
Le peuple avec le jour en ces lieux va paraître ;
Mon sang va les conduire; ils vont punir un traître.
Attendons ces moments.
SÉIDE. Ah ! je cours de ce pas
Vous immoler ce monstre, et hâter mon trépas ;
Me punir, vous venger.