‹ Chefs d'œuvre dramatiquesChapitre 159 sur 284 · SCÈNE IV. — MÉROPE, IsMÉME. EuRYCLÈs, Égisthe , euchaînê ; GwiVBS · texte numérisé non relu

SCÈNE IV. — MÉROPE, IsMÉME. EuRYCLÈs, Égisthe , euchaînê ; GwiVBS

Sacrificateurs.

BiÉ.'.orE Qu'on amène à mes yeux celte horrible vic'ime.

Inventons des tourments qui soient égaux au crime;

Ils ne pourront jamais égaler ma douleur. ÉGisïUiî. On m'a vendu bien cher un instant de faveur.

Secourez-moi, grands dieux, à l'innocent propices EunvcLES. Avyiil que d'expiré;, qu'il nomme ses complices. jiÉuopr;, avançant. Oui; sans doute, il le faut. Monslrel quit'aporiô A ce comble du crime, à lant de cruauté? Que l'aije !"ail?

ÉGisTiiE. Les dieux, qui vengent le parjure Sont témoins si ma bouche a connu l'impcslure. J'avais dit à vos pieds la simple vérité; J'avais déjà fléchi votre cœur irrité; Vous étendiez sur moi voire main proleclrice. Qui peut avoir sitôt lassé votre justice? Et quel est donc ce sang qu'a 'versé mon erreur? Quel nouvel intérêt vous parle en sa faveur? SiÉaoPE. Quel intérêt? barbare!

ÉGiSTiiE. Ilélas! sur son visage J'entrevois de la mort la douloureuse image ; Que j'en suis attendri ! j'aurais voulu cent fois Racheter de mon sang l'état où je la vois. MÉROPE. Le cruel! à quel point on l'instruisit à feindre! Il m'arrache la vie, et semble encor me plaindre. (Elle se jette dans les bras d'hniénie.) EURYCLÈs. Madame, vengez-vous, et vengez à la fois

Les lois, et la nature, et. le sang de nos rois. ÉGisTHE. AJa cour de ces rois telle est donc la justice! On m'accueille, on me flatte; on ré.-.outnion supplice. Quel destin m'arrachait à mes tristes forêts! Vieillard infortuné, quels seront vos regrets? Mère trop malheureuse, et dont la voix, si chère M'avait prédit...

MÉROPE. Barbare! il te reste une mère.

Je serais mère encor sans toi, sans ta fureur. Tu m'as ravi mon fils.

ÉGISTHE. Si tel est mon malheur, S'il était votre fils, je suis trop condamnable. Mon cœur est innocent, mais ma main est coupable. Que je suis malheureux! Le ciel sait qu'aujourd'hui J'aurais donné ma vie et pour vous et lui.

MÉROPE. Quoi, traître: quand ta main lui ravit cette armure

ÉGISTHE. Elle est à moi.

MÉROPE. Comment? que dis-tu?

ÉGISTHE. Je VOUS jure, Par vous, par ce cher fils, par vos divins aïeux. Que mon père en mes mains mit ce don précieux. MÉROPE. Qui? ton père? En Éiide? en quel trouble il me jette ! Son nom? parle : réponds.

ÉGISTHE. Son nom est Polyclète :

Je vous l'ai déjà dit.

MÉROPE. Tu m'arraches le cœur.

Quelle indigne pitié suspendait ma fureur! C'en est trop ; secondez la rage qui me guide : Qu'on traîne à ce tombeau ce monstre, ce perfide. (Levant le poignard.) Mânes de mon cher fils, mes bras ensanglantés....

N.A.RQAS, paraissant avec précipitation.

Qu'allez-vous faire, ô dieux!

MÉROPE. Qui m'appelle ?

NARRAS. Arrêtez!

Hélas ! il est perdu, si je nomme sa mère, S'il est connu.

MÉROPE. Meurs, traître!

NARBAS. Arrêtez!

ÉGTSTHE, tournant les ytux vers Narbas, 0 mon père! MÉROPE. Son père!

ÉGisTHE, à Narbas. Hélas! que vois-je? où portez-vous vos pas?

Venez-vous être ici témoin de mon trépas? NARBAS. Ah! madame, empochez qu'on achève le crime. Eiiryclès, écoulez, écartez la victime : Que je vous parle.

EURYCLÈs emmbne Egisthe, et ferme le fond du théâtre, 0 ciel!

MÉROPE, s'avançant. Vous me faites trembler: J'allais venger mon fils.

NARBAS, se jetant à genoux. Vous alliez l'immoler. Egisthe....

MÉROPE, laissant tomber le poignard.

Eh bien, Egisthe?

NARBAS. 0 reine infortunée!

Celui dont votre main tranchait la destinée. C'est Egisthe...

MÉROPE. Il vivrait!

NARBAS. C'est lui, c'est voire fils.

MÉROPE, tombant dans les bras d'Isménie. Je me meurs!

ISMÉNIE. Dieux puissants!

NARBAS, à Isménie. Rappelez ses esprits Hélas ! ce juste excès de joie et de tendresse, Ce trouble si soudain, ce remords qui la presse. Vont consumer ses jours usés par la douleur.

MÉROPE, revenant à elle.

Ah, Narbas, est-ce vous? est-ce un songe trompeur? Quoi! c'est vous! c'est mon fils! qu'il vienne, qu'il paraisse. NAHBAS. Redoutez, renfermez cette juste tendresse. A Isménie. Vous, cachez à jamais ce secret impoitant;

Le salut de la reine et d'Égisthe en dépond. MÉROPE. Ah! quel nouveau danger empoisonne ma joie' CherÉgislhe! quel dieu défend que je le voie? Ne m"esl-i! donc rendu que pour mieux m'affligcr ? NARBAS. Ne le connaissant pas, vous alliez l'égorger; Et, si son arrivée est ici découverte.

En le reconuiiissant vous assurez sa perle. Malgré la voix du sang, feignez, dissimulez : Le crime ^st sur le trône ; on vous poursuit; tremblez.

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