SCÈNE IV. — WÉ[iope,Narbas, Euryclès
ïwÉROPE. Sais-tu l'excès d'horreur où je me vois livrée? NAKBAs. Je sais que de mon roi la perte est assurée,
Que déjà dans les fers Égisthe est retenu,
Qu'on observe mes pas.
MÉROPE. C'est moi qui l'ai perdu.
NARBAS.VOUS!
MÉROPE. J'ai tout révélé. Mais, Narbas, quelle mère, Pi"ête à perdre son fils, peut le voir et se taire? J'ai parlé, c'en estfaii ; et je dois désormais Réparer ma faiblesse à force de forfaits. NARBAS. Quels forfaits dites-vous?
SCcM: V. — Miînûi'ii, Naubas, EimvcLks, Ismûnie. •isMi-.Nii:. Voici l'heure. iii.i<iame,
Qu'il vous faut rassembler les forces de \olro ame.
Un vain peuple, qui \ole ypiesla nouveaulc,
Attend votre h\ menée avec a\idilé.
Le tyran règle tout; il semble qu il apprôle
L'appareil du carnai^e, et non pas d une tète.
Par Torde ce tyran le grand-prôlre inspiré
A fait pailer le dieu dans son temple adoré.
Au nom de ^os aïeux et du dieu qu'il atteste.
Il vient de déclarer celte union funeste.
Polyphonte, dit-il, a reçu vos serments;
Mestène en est témoin, les dieux en sont garants
Le peuple a répondu par des cris d allégresse ;
Et ne soupçonnant pas le chagrin qui vous presse.,
11 célèbre a genoux cet hymen plein d'horreur ;
Il bénit le tvran qui vous perce le cœur. WÉROFE. Et mes malheurs encor font la publique joie? >ARBAS. Poursauver vo're fils quelle funeste \oie ! WÉROPE. C'est un crime effroyable, et deja tu frémis. NARBAS. Mais c'en est un plus grand de perdre votre fils. MiÎHOPE. Eh bien ! le désespoir m'a rendu mon courage.
Courons tous vers le temple où m'attend mon outrage.
Montrons mon fils au peuple, et plaçons-le à leurs yeux,
Entre l'auiel et moi sous la garde des dieux.
Il est né de leur sang, ils prendront sa défense;
Ils ont assez longtemps trahi son innocence.
De son lâche assassin je peindrai les fureurs ;
L'horreur et la vengeance empliront tous les cœurs.
Tvrans, craignez les cris et les pleurs du ne mère.
On vient. Ahi je frissonne. Ah ! tout me dé-espere.
On m'appelle, et mo» fils est au bord du cercueil;
Le tyTan peut encore l'y plonger d'un coup d'oeil.
(Aux sacrificateurs.) Ministres rigoureux du monstre qui m'opprime, Vous venez à l'auiel entraîner la victime. 0 vengeance! ô tendresse! ô nature! ô devoir! Qu'allez-Nous ordonner d'un cœur au désespoir?