SCÈNE IV. — ÉGISTHE, Clytemnestre
ÉGISTHE. Clytemnestre, vos dieux ont gardé le silencej
En moi seul désormais mettez votre espérance.
Fiez-vous à mes soins, vivez, régnez en paix,
El d'un indigne fils ne me parlez jamais.
Quant au de.4ia d'ii'e;-lre, il est temps que j'y penso*
De nos nouveauit dessLiiis j'ai pesé Vimporlance
Pilnsdnnfe, elle est à craindre; et je sais que son nom
Peut lui donner des droits au rang d'Agaiiiemnon ;
Qu'un jour avec mon fils Electre en concurrence
Peut dans les mains du peuple emporter la balance.
Vous voulez qu'aujourd hui'je brise ses liens;
Que j'unisse par vous ses intérêts aux miens?
Vous voulez terminer cette haine fatale,
Ces malheurs atlaché"s aux enfants de Tantale?
Parlez-lui, mais craignons tous deux de partager
La honte d'un refus qu'il nous faudrait venger.
Je me flatte avec vous qu'un si triste esclavage
Doit plier de son cœur la fermeté sauvage;
Que ce passage heureux, et si peu préparé,
Du rang le plus abject à ce premier degré.
Le poids de la raison qu'une mère autorise.
L'ambition surtout la rendra plus soumise.
Gardez qu'elle résiste à sa félicité :
Il reste un châtim.ent pour sa témérité.
Ici, votre indulgence et le nom de son père
Nourrissent son orgueil au sein de la misère;
Qu'elle craigne, madame, un sort plus rigoureux,
Un exil sans retour, et des fers plus honteux.