‹ Chefs d'œuvre dramatiquesChapitre 283 sur 284 · SCÈNE IV. — Argire, Aménaïde, Fanie · texte numérisé non relu

SCÈNE IV. — Argire, Aménaïde, Fanie

FAME. Partagez l'allégresse publique, Jouissez plus que nous de ce prodi|e unique. Tancrède a combattu ; Tancrède a dissipé Le reste d'une armée au carnage échappe. Solamir est tombé sous celte main terrible , Victime dévouée à notre Etat venge Au bonheur d'un pays qui devient invmcible. Surtout à votre nom qu'on avait outrage. La prompte renommée en répand la nouvelle; Ce peuple, ivre de joie, et volant après lui, Le nomme son héros, sa gloire, son appui, Patle même du trône où sa vertu l appelle. ^ Un seul de nos guerriers, seigneur, l'avait suivi. C'est ce même Àldamon qui sous vous a servi. Lui seul a partagé ses exploits incroyables ; Et quand nos chevaliers, dans un danger si grand, Lui sont venus offrir leurs armes secourables, Tancrède avait tout fait, i! était triomphant. Entendez-vous ces cris qui vantent sa vaillance i* On l'élève au-dessus des héros de la France, Des Rolands, des Lisois, dont il est descendu. Venez de mille mains couronner sa vertu, Venez voir ce triomphe, et recevoir l hommage Que vous avez de lui trop longtemps attendu. Tout vous rit, tout vous sert, tout venge votre outrage; Ef Tancrède à vos vœux est pour jamais rendu. AMÉNAÏDE. Ah ! je respire enfin ; mon cœar connaît la joie. ' Ah ! mon père, adorons le ciel qui me renvoie. Par ces coups inouïs, coût ce qu3 j'ai perdu. De combien de tourments sa bonté nous délivre! Cp n'est qu'en ce moment que je commence a vivre. Mon bonheur est au comble; hélas! il m est bien dû. Je veux tout oublier; pardonnez-moi mes plaintes,

Mes reproches amers^ et mes frivoles craintes. Oppresseurs de Tancrède, ennemis, citoyens, Soyez tous à ses pieds, il va tomber aux miens. ARGiRK. Oui, le ciel pour jamais daigne essuyer nos larmes. Je me trompe, ou je vois le fidèle Aldamon, 0 iii suivait seul Tancrède, et secondait ses armes : C'est lui, c'est ce guerrier si cher à ma maison. De nos prospérités la nouvelle est certaine : Mais d'où vieut que vers nous il se traîne avec peine? Est-il blessé? ses yeux annoncent la douleur.

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