‹ Chefs d'œuvre dramatiquesChapitre 67 sur 284 · SCÈNE V. Glsm.\n, Alzire · texte numérisé non relu

SCÈNE V. Glsm.\n, Alzire

GUSM.'^N. J'ai sujet de me plaindre Oue l'on oppose encore à mes empressements L'offensante lenteur de ces retardements. J'ai suspendu ma loi, prête à punir 1 audace ^ De tous ces ennemis dont a ous vouliez la grâce, Ils sont en liberté ; mais j'aurais a rougir Si ce faible service eût pu vous attendrir : ^

J'attendais encor moins de mon pou\oir suprême, Je voulais vous devoir à ma tlamme, a vous-même , Etie ne pensais pas, dans mes vœux salistaits, Oue ma félicité vous coûtât des regrets. LZiRE Que puisse seulement la colère céleste Ne pas rendre ce jour à tous les deux funeste ! Vous voyez quel effroi me trouble et me confond ; Il parle dans mes yeux, il est peint sur mon t; ont : Tel est mon caractère, et jamais mon visage . N'a de mon cœut encor démenti le langage. Oui peut se déguiser pourrait trahir sa toi : C'est un art de 1 Europe, il n'est pas fait pour moi. sjiAN. Je vois votre franchise, et je sais que Zamore

Vit dans votre mc^moirt cl vous est cher encore. Ce cacique (I) obsliné, vaincu dans les combats, S'arme encor contre moi de la nuit du trépas. Vivant, je l'ai dompté ; mort, doit-il être à craindre? Cessez de m'offenser, et cessez de le plaindre , Votre devoir, mon nom, mon «œur, en sont blessés; Et ce cœur est jaloux des pleurs que vous versez. 4LZIRE. Ayez moins décolère, et moins de jalousie; Un rival au tombeau doit causer peu d'envie : Je l'aimai, je l'avoue, et tel fut mon devoir; De ce monde opprimé Zamore était l'espoir; Sa foi me fut promise; il eut pour moi des charmes; 11 m'aima : son trépas me coûte encor des larmes. Vous, loin d'oser ici condamner ma douleur. Jugez de ma constance, et connaissez mon cœur ; lit, quittant avec moi cette fierté cruelle. Méritez, s'if sepeut, un cœur aussi fidèle.

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