ACTE I, SCÈNE IV
D. DIÈGUE
Qui Ta gagné sur vous Favait mieux mérité.
LE COMTE
Qui peut mieux Texercer en est bien le plus digne.
D. DIÈGUE
En être refusé n'en est pas un bon signe.
LE COMTE
Vous Tavez eu par brigue, étant vieux courtisan.
D. DIÈGUE
L'éclat de mes hauts faits fut mon seul partisan.
LE COMTE
Parlons-en mieux, le roi fait honneur à votre âge.
D. DIÈGUE
Le roi, cpiand il en fait, le mesure au courage.
LE COMTE
Et par là cet honneur n'était dû qu'à mon bras.
D. DIÈGUE
Qui n'a pu l'obtenir ne le méritait pas.
LE COMTE
Ne le méritait pas! Moi?
D. DIÈGUE
Vous.
LE COMTE
Ton impudence.
Téméraire vieillard, aura sa récompense.
(Il lui donne un soufQet.) D. DIÈGUE, mettant répée à la main.
Achève, et prends ma vie après un tel affront, Le premier dont ma race ait vu rougir son front.
LE COMTE
Et que penses-tu faire avec tant de faiblesse?
D. DIÈGUE
O Dieu ! ma force usée en ce besoin me laisse !
LE COMTE
Ton épée est à moi ; mais tu serais trop vain, Si ce honteux trophée avait chargé ma main. Adieu. Fais lire au prince, en dépit de l'envie,
28 LE GID.
Pour son instruction, Thistoire de ta vie ; D'un insolent discours ce juste châtiment Ne lui servira pas d'un petit ornement.