‹ Chefs-d'œuvre du Pierre CorneilleChapitre 11 sur 386 · ACTE I, SCÈNE IV · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE IV

D. DIÈGUE

Qui Ta gagné sur vous Favait mieux mérité.

LE COMTE

Qui peut mieux Texercer en est bien le plus digne.

D. DIÈGUE

En être refusé n'en est pas un bon signe.

LE COMTE

Vous Tavez eu par brigue, étant vieux courtisan.

D. DIÈGUE

L'éclat de mes hauts faits fut mon seul partisan.

LE COMTE

Parlons-en mieux, le roi fait honneur à votre âge.

D. DIÈGUE

Le roi, cpiand il en fait, le mesure au courage.

LE COMTE

Et par là cet honneur n'était dû qu'à mon bras.

D. DIÈGUE

Qui n'a pu l'obtenir ne le méritait pas.

LE COMTE

Ne le méritait pas! Moi?

D. DIÈGUE

Vous.

LE COMTE

Ton impudence.

Téméraire vieillard, aura sa récompense.

(Il lui donne un soufQet.) D. DIÈGUE, mettant répée à la main.

Achève, et prends ma vie après un tel affront, Le premier dont ma race ait vu rougir son front.

LE COMTE

Et que penses-tu faire avec tant de faiblesse?

D. DIÈGUE

O Dieu ! ma force usée en ce besoin me laisse !

LE COMTE

Ton épée est à moi ; mais tu serais trop vain, Si ce honteux trophée avait chargé ma main. Adieu. Fais lire au prince, en dépit de l'envie,

28 LE GID.

Pour son instruction, Thistoire de ta vie ; D'un insolent discours ce juste châtiment Ne lui servira pas d'un petit ornement.

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