‹ Chefs-d'œuvre du Pierre CorneilleChapitre 122 sur 386 · EMILIE, FULVIE · texte numérisé non relu

EMILIE, FULVIE

EMILIE

Je Tai juré, Fulvie, et je le jure encore, Quoique j'aime Cinna, quoique mon cœur l'adore. S'il me veut posséder, Auguste doit périr ; Sa tête est le seul prix dont il peut m'acquérir. Je lui prescris la loi que mon devoir m'impose.

FULVIE

Elle a pour la blâmer une trop juste cause ; Par un si grand dessein vous vous faites juger Digne sang de celui que vous voulez venger : Mais, encore une fois, souffrez que je vous die Qu'une si juste ardeur devrait être attiédie. Auguste chaque jour, à force de bienfaits, Semble assez réparer les maux qu'il vous a faits ; Sa faveur envers vous paraît si déclarée. Que vous êtes chez lui la plus considérée; Et de ses courtisans souvent les plus heureux Vous pressent à genoux de lui parler pour eux.

iEMILIE.

Toute cette faveur ne me rend pas mon père ; Et, de quelque façon que l'on me considère.

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