‹ Chefs-d'œuvre du Pierre CorneilleChapitre 129 sur 386 · SCÈNE I · texte numérisé non relu

SCÈNE I

AUGUSTE, CINNA, MAXIME, troupe de courtisans.

AUGUSTE

Que chacun se retire, et qu'aucun n'entre ici. Vous, Cinna, demeurez, et vous, Maxime, aussi.

(Tous se retirent, À la réserve de Ginna et de Maxime.)

Cet empire absolu sur la terre et sur Tonde, Ce pouvoir souverain que j'ai sur tout le monde, Cette grandeur sans borne, et cet illustre rang Qui m'a jadis coûté tant de peine et de sang, Enfin tout ce qu'adore en ma haute fortune D'un courtisan flatteur la présence importune. N'est que de ces beautés dont l'éclat éblouit. Et qu'on cesse d'aimer sitôt qu'on en jouit, L'ambition déplaît quand elle est assouvie. D'une contraire ardeur son ardeur est suivie ; Et comme notre esprit, jusqu'au dernier soupir. Toujours vers quelque objet pousse quelque désir. Il se ramène en soi, n'ayant plus oii se prendre, Et, monté sur le faîte, il aspire à descendre. J'ai souhaité l'empire, et j'y suis parvenu ; Mais, en le souhaitant, je ne l'ai pas connu : Dans sa possession j'ai trouvé pour tous charmes D'effroyables soucis, d'éternelles alarmes, Mille ennemis secrets, la mort à tout propos, Point de plaisir sans trouble, et jamais de repos. Sylla m'a précédé dans ce pouvoir suprême :

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