ACTE II, SCÈNE I
Je n'ose m'assurer de toute ma yertu.
Je ne le verrai point.
FÉLIX
Il faut le voir, ma fille.
Ou tu trahis ton père et toute ta famille.
PAULINE
C'est à moi d'obéir, puisque vous commandez ; Mais voyez les périls où vous me hasardez.
FÉLIX
Ta vertu m'est connue.
PAULINE
Elle vaincra sans doute; Ce n'est pas le succès que mon âme redoute : Je crains ce dur combat et ces troubles puissants Que fait déjà chez moi la révolte des sens ; Mais, puisqu'il faut combattre un ennemi que j'aime, Souffrez que je me puisse armer contre moi-même. Et qu'un peu de loisir me prépare à le voir.
FÉLIX
Jusqu'au-devant des murs je vais le recevoir :
Rappelle cependant tes forces étonnées,
Et songe qu'en tes mains tu tiens nos destinées.
Oui, je vais de nouveau dompter mes sentiments. Pour servir de victime à vos commandements.