POLYEUCTE, NÉARQUE, PAULINE, STRATONICE
POLYEUCTE
C'est trop verser de pleurs ; il est temps qu'ils tarissent : Que votre douleur cesse, et vos craintes finissent; Malgré les faux avis par vos dieux envoyés. Je suis vivant, madame, et vous me revoyez.
PAULINE
Le jour est encor long, et, ce qui plus m'efl&raie, La moitié de l'avis se trouve déjà vraie ; J'ai cru Sévère mort, et je le vois ici.
POLYEUCTE
Je le sais ; mais enfin j'en prends peu de souci. Je suis dans Mélitène; et, quel que soit Sévère, Votre père y commande, et Ton m'y considère; Et je ne pense pas qu'on puisse avec raison D'un cœur tel que le sien craindre une trahison : On m'avait assuré qu'il vous faisait visite. Et je venais lui rendre un honneur qu'il mérite.
PAULINE
Il vient de me quitter assez triste et confus ;