‹ Chefs-d'œuvre du Pierre CorneilleChapitre 206 sur 386 · ACTE V, SCÈNE IL Î · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE IL Î

Dans ce zèle pour lui qu'il fait déjà parattre, Je ne sais si longtemps j'en pourrais être maître ; Peut-être dès demain, dès la nuit, dès ce soir, J'en verrais des effets que je ne veux pas voir ; Et Sévère aussitôt, courant à sa vengeance, M'irait calomnier de quelque intelligence. Il faut rompre ce coup, qui me serait fatal.

ALBIN

Que tant de prévoyance est un étrange mal ! Tout vous nuit, tout vous perd, tout vous fait de l'ombrage. Mais voyez que sa mort mettra ce peuple en rage ; Que c'est mal le guérir que le désespérer.

FÉLIX

En vain après sa mort il voudra murmurer; Et s'il ose venir à quelque violence.

C'est à faire à céder deux jours à l'insolence : J'aurai fait mon devoir, quoi qu'il puisse arriver. Mais Polyeucte vient, tâchons à le sauver. Soldats, retirez-vous, et gardez bien la porte.

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