‹ Chefs-d'œuvre du Pierre CorneilleChapitre 308 sur 386 · ACTE IV, SCÈNE V · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE V

DORANTE, à part, le premier vers.

Ne lui pourrai-je ôter ce souci de la tête? Votre main ou la mienne, il n'importe des deux.

GÉRONTE

Ces nobles de province y sont un peu f&cheux.

DORANTE

Son père sait la cour.

GÉRONTE

Ne me fais plus attendre, Dis-moi...

DORANTE, à part.

Que lui dirai-je?

GÉRONTE

n s'appelle?

DORANTE

Pyrandre.

GÉRONTE

Pyrandre ! tu m'as dit tantôt un autre nom : C'était, je m'en souviens, oui, c'était Armédon.

DORANTE

Oui, c'est là son nom propre, et l'autre d'une terre; n portait ce dernier quand il fut à la guerre. Et se sert si souvent de l'un et l'autre nom. Que tantôt c'est Pyrandre, et tantôt Armédon.

GÉRONTE

C'est un abus commun qu'autorise l'usage. Et j'en usais ainsi du temps de mon jeune Age. Adieu : je vais écrire.

DORANTE, CLITON

DORANTE

Enfin j'en suis sorti.

CLITON

Il faut bonne mémoire après qu'on a menti.

DORANTE

L'esprit a secouru le défaut de mémoire.

CLITON

Mais on éclaircira bientôt toute Thistoire. Après ce mauvais pas où vous avez bronché, Le reste encor longtemps ne peut être caché : On le sait chez Lucrèce, et chez cette Clarice, Qui, d'un mépris si grand piquée avec justice, Dans son ressentiment prendra l'occasion De vous couvrir de honte et de confusion.

DORANTE

Ta crainte est bien fondée ; et puisque le temps presse, Il faut tâcher en hâte à m' engager Lucrèce. Voici tout à propos ce que j'ai souhaité.

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