ACTE I, SCÈNE II
Àh! si tu m'entreprends deux jours de cette sorte, Mon cœur est déconfit, et je me tiens pour morte ; Si tu me veux en vie, affaiblis ces attraits, Et retiens pour le moins la moitié de leurs traits.
CLITON
Tu sais même charmer alors que tu te moques. Gouverne doucement Tâme que tu m'escroques. On a traité mon maître avec moins de rigueur ; On n'a pris que sa bourse, et tu prends jusqu'au coeur.
LYSE
D est riche, ton maître?
CLITON
Assez.
LYSE
Et gentilhomme?
CLrroN.
n le dit.
LYSE
n demeure?
CLITON
A Paris.
LYSE
Et se nomme?
DORANTE, fouillant dans là boarse*
Porte-lui cette lettre, et reçois...
CLITON, lai retenant le bras.
Sans compter!
DORANTE
Cette part de l'argent que tu viens d'apporter.
CLITON
Elle n'en prendra pas, monsieur, je vous proteste.
LYSE
Celle qui vous l'envoie en a pour moi de reste.
CLITON
Je vous le disais bien, elle a le cœur trop bon.
LYSE
Lui pourrai-je, monsieur, apprendre votre nom?
DORANTE
n est dans mon billet. Mais prends, je t'en conjure.
CLITON
Vous faut-il dire encor que c'est lui faire injure?
LYSE
Vous perdez temps, monsieur ; je sais trop mon devoir. Adieu : dans peu de temps je viendrai vous revoir ; Et porte tant de joie à celle qui vous aime, Qu'elle rapportera la réponse elle-même.
CLITON
Adieu, belle railleuse.
Adieu, cher babillard.