‹ Chefs-d'œuvre du Pierre CorneilleChapitre 335 sur 386 · ACTE I, SCÈNE II · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE II

Àh! si tu m'entreprends deux jours de cette sorte, Mon cœur est déconfit, et je me tiens pour morte ; Si tu me veux en vie, affaiblis ces attraits, Et retiens pour le moins la moitié de leurs traits.

CLITON

Tu sais même charmer alors que tu te moques. Gouverne doucement Tâme que tu m'escroques. On a traité mon maître avec moins de rigueur ; On n'a pris que sa bourse, et tu prends jusqu'au coeur.

LYSE

D est riche, ton maître?

CLITON

Assez.

LYSE

Et gentilhomme?

CLrroN.

n le dit.

LYSE

n demeure?

CLITON

A Paris.

LYSE

Et se nomme?

DORANTE, fouillant dans là boarse*

Porte-lui cette lettre, et reçois...

CLITON, lai retenant le bras.

Sans compter!

DORANTE

Cette part de l'argent que tu viens d'apporter.

CLITON

Elle n'en prendra pas, monsieur, je vous proteste.

LYSE

Celle qui vous l'envoie en a pour moi de reste.

CLITON

Je vous le disais bien, elle a le cœur trop bon.

LYSE

Lui pourrai-je, monsieur, apprendre votre nom?

DORANTE

n est dans mon billet. Mais prends, je t'en conjure.

CLITON

Vous faut-il dire encor que c'est lui faire injure?

LYSE

Vous perdez temps, monsieur ; je sais trop mon devoir. Adieu : dans peu de temps je viendrai vous revoir ; Et porte tant de joie à celle qui vous aime, Qu'elle rapportera la réponse elle-même.

CLITON

Adieu, belle railleuse.

Adieu, cher babillard.

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