ACTE m, SCÈNE V
Je n'ai point perdu temps, et les ai fait entendre ;
Si bien que, sans chercher d'autre éclaircissement,
Vos juges m'ont promis votre élargissement.
Mais, quoiqu'il soit constant qu'on vous prend pour un autre,
II faudra caution, et je serai la vôtre :
Ce sont formalités que pour vous dégager
Les juges, disent-ils, sont tenus d'exiger;
Mais sans doute ils en font ainsi que bon leur semble.
Tandis, ce soir chez moi nous souperons ensemble :
Dans un moment ou deux vous y pourrez venir;
Nous aurons tout loisir de nous entretenir,
Et vous prendrez le temps de voir votre lingère.
Us m'ont dit toutefois qu'il serait nécessaire
De coucher pour la forme un moment en prison.
Et m'en ont sur-le-champ rendu quelque raison ;
Mais c'est si peu mon jeu que de telles matières.
Que j'en perds aussitôt les plus belles lumières.
Vous sortirez demain, il n'est rien de plus vrai ;
C'est tout ce que j'en aime, et tout ce que j'en sai.
Que ne vous dois-je point pour de si bons offices !
PHILISTE
Ami , ce ne sont là que de petits services ; Je voudrais pouvoir mieux , tout me serait fort doux. Je vais Rhercher du monde à souper avec vous. Adieu : je vous attends au plus tard dans une heure.