‹ Chefs-d'œuvre du Pierre CorneilleChapitre 372 sur 386 · CTE IV, SCÈNE V · texte numérisé non relu

CTE IV, SCÈNE V

PflILISTE.

Je ne saurais encor, s'il faut tout avouer,

Ni m'en plaindre beaucoup, ni beaucoup m'en louer;

Son accueil n'est pour moi ni trop doux, ni trop rude ;

n est et sans faveur, et sans ingratitude.

Et je la vois toujours dedans un certain point

Qui ne me chasse pas et ne l'engage point.

Mais je me trompe fort, ou sa fenêtre s'ouvre.

DORANTE

Je me trompe moi-même, ou quelqu'un s'y découvre.

PHILISTE

J'avance ; approchez-vous, mais sans suivre mes pas. Et prenez un détour qui ne vous montre pas : Vous jugerez quel fruit je puis espérer d'elle. Pour Cliton, il peut faire ici la sentinelle.

DORANTE, parlant à Cliton, après que Philiste s'est éloigné.

Que me vient-il de dire? et qu'est-ce que je voi? Cliton, sans doute il aime en même lieu que moi. 0 ciel ! que mon bonheur est de peu de durée I

CLITON

S'il prend l'occasion qui vous est préparée,

Vous pouvez disputer avec votre valet

A qui mieux de vous deux gardera le mulet.

DORANTE

Que de confusion et de trouble en mon âme !

CLITON

Allez prêter l'oreille aux discours de la dame; Au bruit que je ferai prenez bien votre temps, Et nous lui donnerons de jolis passe-temps.

(Dorante va auprès de Philiste.)

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