‹ Chefs-d'œuvre du Pierre CorneilleChapitre 379 sur 386 · ACTE V, SCÈNE I · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE I

Un amour délicat hait ces faveurs grossières, Et je t'ai bien donné des preuves plus entières. Pourquoi me demander des gages superflus? Ayant TAme et le cœur, que te faut-il de plus?

CLITON

J'ai le goût fort grossier en matière de flamme ; Je sais que c'est beaucoup qu'avoir le cœur et l'âme ; Mais je ne sais pas moins qu'on a fort peu de fruit Et de l'Ame et du cœur, si le reste ne suit.

LYSE

Eh quoi! pauvre ignorant, ne sais-tu pas encore Qu'il faut suivre l'humeur de celle qu'on adore, Se rendre complaisant, vouloir ce qu'elle veut?

CLITON

Si tu n'en veux changer, c'est ce qui ne se peut. De quoi me guériraient ces gages invisibles? Comme j'ai l'esprit lourd, je les veux plus sensibles; Autrement, marché nul.

LYSE

Ne désespère point; Chaque chose a son ordre, et tout vient à son point , Peut-être avec le temps nous pourrons nous connaître. Apprends-moi cependant qu'est devenu ton maître.

CLITON

Il est avec Philiste allé remercier

Ceux que pour son afiiaire il a voulu prier.

LYSE

Je crois qu'il est ravi de voir que sa maîtresse Est la sœur de Cléandre, et devient son hôtesse?

CLITON

Il a raison de l'être, et de tout espérer.

LYSE

Avec toute assurance il peut se déclarer ; Autant comme la sœur le frère le souhaite ; Et s'il l'aime en effet, je tiens la chose faite.

CLITON

Ne doute point s'il Taime après qu'il meurt d'amour.

LYSE

n seml)l6 toutefois fort triste à son retour.

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