‹ Chefs-d'œuvre du Pierre CorneilleChapitre 42 sur 386 · ACTE IV, SCÈNE IL · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE IL

Mais don Diègue ravi lui présente enchaînés , Au nom de ce vainqueur, ces captife couronnés. Et demande pour grâce à ce généreux prince Qu'il daigne voir la main qui sauve la province

CHIMÈNE

Mais n'est-il point blessé?

ELVIRE

Je n'en ai rien appris.

Vous changez de couleur! reprenez vos esprits.

CHIMÈNE

Reprenons donc aussi ma colère affaibUe : Pour avoir soin de lui, faut-il que je m'oublie? On le vante, on le loue, et mon cœur y consent! Mon honneur est muet, mon devoir impuissant! Silence, mon amour, laisse agir ma colère; S'il a vaincu deux rois, il a tué mon père ; Ces tristes vêtements , où je lis mon malheur. Sont les premiers effets qu'ait produits sa valeur; Et, quoi qu'on die ailleurs d'un cœur si magnanime. Ici tous les objets me parlent de son crime. Vous qui rendez la force à mes ressentiments, Voile, crêpes, habits, lugubres ornements. Pompe où m'ensevelit sa première victoire, Contre ma passion soutenez bien ma gloire ; Et, lorsque mon amour prendra trop de pouvoir, Parlez à mon esprit de mon triste devoir. Attaquez sans rien craindre une main triomphante.

ELVIRE

Modérez ces transports, voici venir Tinfante.

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