‹ Chefs-d'œuvre du Pierre CorneilleChapitre 87 sur 386 · SCÈNE Vin · texte numérisé non relu

SCÈNE Vin

LE ViEU. HORACE, HORACE, CURIACE, SABINE, CAMILLE.

Mon père, retenez des femmes qui s'emportent. Et, de grâce, empêchez surtout qu'elles ne sortent : Leur amour importun viendrait avec éclat

Par des cris et des pleurs troubler notre combat ; Et ce qu'elles nous sont ferait qu'avec justice On nous imputerait ce mauvais artifice ; L'honneur d'un si beau choix serait trop acheté, Si l'on nous soupçonnait de quelque lâcheté.

LE VIEIL HORACE

J'en aurai soin. Allez : vos frères vous attendent; Ne pensez qu'aux devoirs que vos pays demandent.

CURIÂGE.

Quel adieu vous dirai-je? et par quels compUments.

LE VIEIL HORACE

Ah ! n'attendrissez point ici mes sentiments ; Pour vous encourager ma voix manque de termes ; Mon cœur ne forme point de pensers assez fermes : Moi-même en cet adieu j'ai les larmes aux yeux. Faites votre devoir, et laissez faire aux dieux.

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