‹ Chefs-d'œuvre du théâtre allemandChapitre 98 sur 272 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

A Worms. Salle de la diète. Dans le milieu , au fond, on voit un trône élevé sur des degrés , et sur lequel l'EMPEREUR est assis , tenant en main le sceptre , la couronne et le globe. Devant le trône, aux pieds de l'empereur, à droite, LE GRAND-MARECHAL du palais, tenant en main une baguette blanche ; à gauche UN HÉRAUT D'ARMES , DU BOSSU est assis sur la dernière marche; aux deux côtés du trône , sont placés des sièges en amphithéâtre ; à droite de l'empereur, et plus près de lui, sont assis LE CARDINAL LÉGAT, L'ÉLECTEUR DE MAYENCE, puis DES MOINES de plusieurs ordres , lesquels remplissent toute la droite; à gauche , près de l'empereur , LES ELECTEURS DE SAXE ET DE BRANDEBOURG , LES DUCS ÉRIC et GEORGES , et LE MARGRAVE ALBRECHT , puis LES DÉPUTÉS de l'ordre teutonique ; DES COMTES , DES CHEVALIERS , DES BOURGEOIS des villes libres de l'empire , etc. , qui remplissent toute la droite ; parmi eux se trouvent LE COMTE DE STOLBERG, CHARLES DE DALBERG et JEAN FUGGER; devant les sièges de l'amphithéâtre se trouve une balustrade très-basse , derrière laquelle est une petite table où l'on voit deux greffiers occupés à écrire. LUTHER est en dehors , la Bible à la main ; à côté de lui , MÉLANCHTHON, un peu plus loin et derrière , FRANÇOIS et SPALATINUS ; aux deux côtés de la salle, une haie de gardes, de chevaliers et de jeunes nobles; dans le fond, un buffet magnifique (47).

LUTHER, encore tout ému et terminant son discours.

Vous m'avez donc entendu, haut et puissant empereur, auguste prince , gracieux seigneur ; je vous

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ai avoué et ce que je veux et ce que j'enseigne. Je ne suis qu'un pauvre moine, accoutume' à vivre non pas dans les cours, mais dans ma cellule; je ne saurais me forcer au langage, aux manières des flatteurs ; mais ce que Dieu a mis dans mon âme , je le dis sans crainte et sans retenue; je ne cherche pas la louange , mais la gloire de mon Dieu, le bien de la chrétienté; c'est pourquoi, mes discours, quoique simples et naïfs, sont toujours purs, vrais, et pleins de la parole divine.

LE CARDINAL, se levant et désignant quelques-uns des livres qui sont sur la table

des greffiers.

Je vous le demande encore une fois, ces livres sont-ils de vous?

Oui, de moi.

LE CARDINAL

Persistez-vous dans vos opinions ?

J'y persiste.

LE CARDINAL

Les voulez-vous rétracter ?

Le puis-je? Ce que j'ai enseigné concernant la vraie foi, le christianisme, sa naissance et la grâce efficace, saint Augustin ne l'enseigna-t-il pas aussi? l'Évangile lui-même, n'y est-il pas conforme? et tout homme d'un coeur pur, fût-il le plus déclaré de mes adversaires , n'est-il pas forcé de reconnaître

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