‹ Chefs d'œuvre du théâtre espagnolChapitre 62 sur 113 · UN AUTRE PAYSAN · texte numérisé non relu

UN AUTRE PAYSAN

Précipitons son cadavre du haut de la montagne, afin de le mettre en lambeaux.

TIRSO

11 vaut mieux lui donner une sépulture rustique sous ces branchages. ( Les paysans enterrent Eusebio.) Maintenant, comme la nuit baisse, partons .. Toi, Gil, reste ici; et si tu vois venir quelques-uns des fuyards, tu nous avertiras en criant.

Ilssoiionl.

GIL

Us ne sont pas gênés cçux-là ! Ils viennent d'enterrer Eusebio, et ils me laissent ici seul avec lui. — Seigneur Eusebio, rappelez-vous au moins, je vous prie, que j'étais de vos amis. — Mais, qu'est-ce donc? Ou mes sens m'abusent, ou je vois venir de ce côté un millier de personnes.

Entre ALBERTO.

ALBERTO

J'arrive de Rome; et, trompé par la nuit, je me suis égaré une seconde fois dans ces montagnes. Voici rendrait où Eusebio me donna la vie, et j'ai peur que ses soldats ne me fassent un mauvais parti.

eusebio, appelant.

Alberto 1

ALBERTO

Quelle est cette voix étrange qui résonne à mon oreille en répétant mon nom ?

eusebio, appelant, Alberto!

ALBERTO

Voilà qu'on m'appelle encore!... C'est de ce côté, je crois?... Allons voir.

# GIL

Dieu trois fois saint, c'est Eusebio!... Jamais peur ne fut égale à la mienne.

eusebio, appelant.

Alberto !

ALBERTO

Il me semble que j'approche. — voix! qui redis ainsi mon nom avec tant d'insistance, — qui es-tu?

EUSEBIO

Je suis Eusebio. — Approche, Alberto; viens de ce côté, où je suis enterré, et soulève ces branchages. Ne crains rien.

ALBERTO

Je suis inaccessible à la crainte.

GIL

Pas moi.

ALBERTO

Te voilà à découvert. Dis-moi, de la part de Dieu, que me veuxtu?

EUSEBIO

C'est de sa part, Alberto, que ma foi t'a appelé, pour que, avant ma mort, tu m'entendisses en confession. 11 y a déjà quelques momens que j'ai rendu le dernier soupir ; mais mon âme n'a pas encore quitté mon corps qu'elle animait, et dont elle dovV.VtaftNfeN.%fe i. *A

séparer. ( Eusebio te lève. ) Viens , Alberto . que je te confesse mes péchés, plus nombreux que les sables de la mer et que les atomes du soleil. C'est la récompense qu'obtient, avec la grâce du ciel, la dévotion à la Croix.

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