‹ Chefs d'œuvre du théâtre espagnolChapitre 71 sur 113 · L'ALCADE DE ZALAMEA · texte numérisé non relu

L'ALCADE DE ZALAMEA

juân, à part.

Vive le ciel ! tout ceci n'a été qu'une ruse pour pénétrer dans cet appartement. J'enrage au fond de l'Ame que l'on puisse penser que je donne la-dedans ; il n'en sera pas ainsi 1 {Haut.) Seigneur capitaine, vous auriez dû mieux apprécier le désir qu'a mon père de vous Être agréable, et lui épargner une insulte.

crbspo, à Juan.

De quel droit vous mêlez-vous de ce qui ne vous regarde pas, drôle? et que parlez-vous d'insulte? Si le soldat lui a manqué, n'était-il pas tout simple qu'il courût à sa poursuite?... Ma fille, votre sœur, est fort sensible à la générosité avec laquelle il a traité «e malheureux ; et moi, je le suis également des égards qu'il a eus pour ma fille.

le capitaine, à Juan.

Il est clair que je n'ai pas eu d'autre motif, et je vous engage à mieux peser vos paroles.

JUAN

J'ai bien vu ce qui en est.

CRBSPO.

Ne parlez pas ainsi.

LE CAPITAINE

Qu'il rende grâces à votre présence si je ne le châtie pas comme il mérite.

Un moment, seigneur capitaine ! Moi, j'ai le droit de châtier mon fils si je le veux, et yous, vous ne l'avez pas 1

JUAN

Et moi, je puis tout souffrir de mon père, mais d'un autre je ne souffre rien.

LE CAPITAINE

Que feriez-vous donc?

JUAN

Je défendrais mon honneur, dussé-je y périr.

LE CAPITAINE

Eh quoi! un vilain a donc de l'honneur?

JUAN

Tout comme vous ! car s'il n'y avait pas de laboureurs, il n'y aurait pas de capitaines.

LE CAPITAINE

Vive Dieul j'en ai trop entendu.

Tous trois tirent Pci>ce.

CRESPO

Voyez l je me mets entre vous.

REB0LLED0.

Vive ie Christ ! Vois-tu, l'Étincelle, il- va y avoir du grabuge.

l'étincelle, appelant.

Holâ 1 la garde! la garde!

rèbolledo, annonçant, Alcsseigneurs, attention ! voici don Lope 1

Enlre DON LOPE, richement velu

DON LOPE

Qu'est-ce donc? la première chose que je vois en arrivant ici, c'est une querelle. «

le capitaine, à part.

Don Lope de Figueroa est arrivé bien mal à propos I

crespo, à part.

C'est que, par Dieu! mon jeune drôle aurait tenu tète à tout le monde.

DON LOPE

Qu'est-ce? que s'est-il passé? parlez; autrement, vive Dieu! hommes, femmes, domestiques, je jette tout par la fenêtre. C'est bien assez pour moi d'être monté jusqu'ici, avec l'enragée douleur que j'ai à cette jambe... que je donne à tous les diables, ainsi soit-il!... Et j'entends au moins que vous me disiez ce qui en est.

crespo.

Ce n'est rien, seigneur.

don lope.

Parlez, dites la vérité.

LE CAPITAINE

Eh bien ! vous saurez, seigneur, que comme je suis logé ici, un soldat...

DON LOPE

Achevez.

LE CAPITAINE

Un soldat, dis-je, m'ayant manqué de respect, m'a forcé à tirer l'épée ; il a fui, et s'est sauvé dans cet appartement ; j'y suis entré à sa suite ; j'y ai trouvé ces deux paysannes ; et leur père ou leur frère, je ne sais trop ce qu'ils sont, se fâchent de ce que je suis entré jusqu'ici.

DON LOrE.

Eh bien ! je suis arrivé fort à propos, et je donnerai satisfaction à tout le monde. Dites-moi, qui est le soldat qui a mis son capitaine dans l'obligation de tirer l'épée ?

REBOLLEDO, à part.

Est-ce que je vais payer pour tous?

ISABELLE

Voilà l'homme qui est entré ici en fuyant.

DON LOPE

Qu'on lui donne deux tours d'estrapade 1 .

!>»i«< ta supplie*» de {'estrapade on élevait '« criminel au liaul d'une longue pièce de

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