‹ Chefs-d'œuvre du théâtre portugaisChapitre 122 sur 292 · ACTE T, SCÈNE IfL aij · texte numérisé non relu

ACTE T, SCÈNE IfL aij

amour mlndiqtie en cet instaot un remède énergieque à tant de maux. Ce vil objet qui t'enchaîne^ je le ferai périr : que- celui dont peurent provenir taût de disgrâces cesse de vivre.

OSCAR, à part.

Auparavant tu succomberas sous ïa pointe aiguë;

de cette flèche lancée par mon bras^ ( // ajuste la

Jtèche. ) Que ma vengeance se suspende un instant :

voyons si Sëmira lui résiste y ou si devenue faible

et timide elle cède à ce traître.

SEMIRA.

Pourquoi veux-tu ^ homme injuste et inhumain , attenter à la vie d'un être innocent qui jamais ne t*offensa ? Peut-elle être un crime à tes yeux cette flamme allumée dans le Pérou à une époque où tu habitais l'Espagne , et quand nous ignorions qu'il y eût des hommes semblables à toi dans d'autres climats ? Est-ce là cette loi sainte que tu vantes hardiment? Ton Dieu permettra-t-il que tu trempes tes mains dans le sang humain^ pour venger des haines suscitées par une indiscrète passion? Ah! Pizarre, ne deviens pas en un instant cruel pour 'tant de malheureux ; respecte les lois de la nature , %\JL crains un bras vengeur : jamais Sémira ne pourra aimer ton caractère sanguinaire*

PIZARRE

Puisque tu désires, ingrate, voir s'allumer le flambeau de la guerre ; puisque le bruit de mes tonnerres a des charmes pour toi, je pars, Sémira, et tu verras bientôt , pâle et désolée , le sang dés

ii6 LA CONQUÊTE DU PÉROU,

hommes couler pour tes vains caprices; le faible empire des Incas détruit à jamais.' Je marche pour m'asseoir en conquérant sur le trône d'or. Tes pa— rens vont supporter des chaînes pesantes ; et toi , cruelle , tu seras mon esclave.

OSC'AR, sortant avec précipitation.

Jamais , tant qu'existera cet Oscar qulnsulte ton audace. Meurs, infâme I

( Il va lancer la flèche. ) S É M l R A , courant vers Oscar , et Farrétant.

Suspens tes coups , Oscar ; laisse à la vengeance de Dieu seul la punition du crime.

OSCAR

Je vais venger à Finstant, d'un bras sûr, la raison, rhumanité, l'amour, la patrie, le trône, que ce monstre, dans sa fureur, a offensés ; laisse-moi , Semira , éteindre la peste qui nous veut dévorer : ne me retiens pas.

PIZ A R R E , 1 ëpée à la main.

Ce fer invincible , qui méprise la furie d'un téméraire , va me tirer de toutes mes peines en délivrant la terre de celui qui fomente la discorde.

( Il vent attaquer Oscar. ) A K A L I A . Elle le retient ainsi q uo Druaa .

Par pitié, seigneur, arrêtez vos pas ; écoutez généreusement nos prières; ne transformez pas devant nous ce riant jardin en un théâtre d'horreur.

OSCAR

Chère Sémira , tu protèges la vie honteuse pour la terre de ton tyran ? Considère que le barbare veut

Page 1