‹ Chefs-d'œuvre du théâtre portugaisChapitre 48 sur 292 · ACTE III, SCÈNE VIL · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE VIL

IHEZ,

Qu'on l'arrête! Cruel ^ mes gémissemens ^ mes larmes ne peuvent -ils déjà plus émouToir ton cœur, dompter ta furie ? Où est l'empire qu'Inez ay ait sur ton âme?

DON PÈDRE

Ne te lassé point inutilement. Tes prières, tes larmes , tes gémissemens sont yains maintenant : ce jour horrible est consacré au désespoir , au crime, à la mort. Le feu allumé dans mon sein , par les furies ^^^ , ne peut s'éteindre qu'avec du sang. Personne, pas même toi, ne peut empêcher les coups épouvantables que mon bras va bientôt frapper.

INEZ

Commence par moi; déchire-moi le cœur, que le sang d'une épouse soit le premier sang que tu répandes; et, s'il ne suffit point pour assouvir tarage, abandonne -toi à tous les sacrilèges I Quelle horreur! je n'ose pas fixer mes yeux sur toi. Est-ce bien tèi^ non, non, tu n'es pas mon époux. Mon époux détestait le crime ; j'aimais un époux vertueux : tu n'as plus de vertus, je ne puis donc plus t'aimer. Va, monstre sanguinaire.. •• Mais que dis-je, moi, ne plus t'aimer?... Ne me crois pas; mon cœur dément les paroles que dans l'effroi de t'entendre, dans ma vive douleur, j'ai proférées sans jugemei^t; regarde mes larmes. ( Elle se jette aux pieds de don Pèdre , et embrasse ses genoux.) ToDùibée à tes* genoux, je les embrasse : oui, tu

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dois céder à mes lamentations y ou tu vas me voir

mourir ici , et me fouler aux pieds.

1)011 PÈ PRE, «ttei^rt , 0t Toubot r«Iey«r Inès.

0 cielJ... db^e épouse \

INEZ

Je ne te laisse pas , je ne me lève point d'ici sans bannir d^abord les noires finreurs de ton âme 9 sans que tu me promettes d'aller aussitôt exécuter avee obéissance les ordres du rou Ah! si tu aimes encore^ tu ne dais pas résister à mes prières»

DON PÈDRE

Et je ne le résiste plus. ( // la relès^e. ) Ne point t'obéir, ah ! qui le peut? Je pars à Tinstant, je vais recevoir les fers qu'on me destine. {A don Sanche.) Ami, sortons. {Se retournant vers IneZj et avec la plus vive tendresse. ) Fourras-^u douter encore de l'empire que tu as sur mon cœur ?

INEZ

0 Dieu secourable ! {Avec une extrême tendresse.) Ne déchire pas davantage mon cœur affligé. {Elle affecte delà tranquiliité.) Qne la tendresse le cède â la raison tremblante ; ne t'arrête point davantage.

DON PÈDRE

Mais toi .

INEZ

Sois tranquille , ne crains Heu ; le ciel m'iaspire les moyens d'adoucir la colère d'Alphonse ; j'irai avec mes enfans me jeter à ses pieds : personne ue résiste à la voix de la nature ; quelque dure que sojt

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