‹ Chefs-d'œuvre du théâtre suédoisChapitre 16 sur 310 · ACTE I, SCÈNE IV. i · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE IV. i

Le rang que j occupe parmi vous me défend de me mettre à votre tête jusqu'à ce que j'aie offert aux dieux un sanglant sacrifice. Guerriers ! votre courage et notre danger ne permettent point de retard ; votre roi vous permet de combattre. Le droit de diriger votre vengeance appartient , après moi , à Yngvé , à mon fils ; mais , attiré dans des climats lointains par le désir d'acquérir des connaissances qui le rendent digne du trône...

ASMUN.

Que son absence ne lui permet pas de défendre contre l'oppression de Rome.

ODIN

Avec quelle douleur, au moment où la patrie se trouve en danger, se verra-t-il privé de l'honneur de marcher à votre tête; combien il regrettera d'être le seul à n'avoir pu offrir son sang à la patrie, et partager le généreux dévouement de tant de guerriers qui auront exposé leurs jours pour elle ! Mais éloigné de nous. . .

11 ne devrait pas l'être. Quelles lumières, quelles nouvelles vertus, dis-moi, est-il allé chercher sur les bords du Nil? Qu'a-t-il besoin d'être plus éclairé que ses pères? on n'apprend dans les pays étrangers qu'à mépriser le sien. Sa seule science devrait être de savoir conduire ses guerriers ; sa première vertu d'ignorer les crimes qui ont renversé tant de trônes et détruit tant de peuples.

ao ODIN,

UN CAPITAINE SCYTHE , s'annçant prêt d'Asmun.

Oui, Odin, Âsmun t'a fait entendre la vérité. Ttt n'aurais pas dû enlever un de ses chefs à ton peuple fidèle , puisqu avec toute ta puissance tu ne peux nous le rendre, lorsque sa présence nous est nécessaire. Pourquoi va-t-il chercher d'autres lumières? Quelle utilité retirera-t-il de la connaissance des coutumes étrangères, si dan» le même temps un tyran victorieux lui enlève le royaume qu'il devait gouverner? Tu connais pour ton fils notre amour et notre fidélité. Tu sais que les succès dépendent du général; ne t'étonne donc pas si tes guerriers fléchissent, si tes capitaines craignent que la victoire, qui leur fut fidèle jusqu'à ce jour, ne les trahisse, et s'ils ont perdu la conviction que leurs armes sont invincibles.

ODIN

Eh bien ! peuple timide! devenez la victime des Romains; rendez votre roi responsable de votre manque de courage. Éclatez, soyez injustes, il n'en sera point ému : il ne voit en vous qu'une multitude aveuglée dont le dépit ressemble à la vague qui se brise contre les rochers. Un mot suffira pour vous faire repentir avec confusion de vos murmures téméraires. {Ils* approche du trône, monte un degré, prend le cimeterre de Brage suspendu à F arbre, et rélève devant le peuple.) Guerriers! voyez ce glaive porté autrefois par Brage ; jamais un serment prononcé en son nom n'est resté impuni. (Il descend du trône. ) Maintenant, chefs et guerriers, approchez, écoutez : Je jure au nom des dieux de la

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