ACTE III, SCÈNE IX
nuit. Viens ; laisse-moi presser contre mon cœur un gendre chéri. Tu l'as vu, j'ai hasardé ma vie pour te donner ce nom. Viens entendre dans mon camp les cris de joie que ta présence y fera éclater ; viens, que j'y ramène en triomphe un héros attendu.
SUIfE JARL.
Au travers d'un peuple révolté je....
GONNAR.
Ta demeure est voisine de ce palais; nous pouvons l'atteindre facilement : elle nous servira d'asile ; nos amis s'y rassemblent en grand nombre, et allument déjà des feux de joie. Pour défendre Sune Jarl et son hôte , des troupes victorieuses ont fortifié ce lieu.
SUNE JARL, iGunnar.
C'est toi qui, en les retenant sous les armes, as accéléré ma ruine.
GUNNAR
J'ai contenu ce peuple dans les bras duquel tu t'es jeté sans défense. Si tu vis encore tu me le dois; ce n'est pas d'aujourd'hui qu'on a juré ta perte. Dans mon amitié pour toi, à qui je dois tout, avec quelle impatience n'ai-je pas attendu cet instant désiré où , en t'arrachant au joug honteux qui t'est imposé par tes concitoyens, je sauverais une vie réservée à de plus grandes destinées !
SVERKER.
Allons dans ton palais armer nos amis, il faut sauver Hélène.
278 SUNE JARL
SUNE JARL
Oui, craignez tous, amis et ennemis, craignez le désespoir de Sune : la vengeance est en mon pouvoir; y renoncer serait une faiblesse. Dans les temps malheureux des discordes civiles, est-ce lever l'étendard • de la révolte , que de résister aux foreurs d'un peuple égaré?
FIN DU TROISIEME ACTE