ACTE V, SCÈNE ÎII. 3oi
sa défense qui montrera à la Suède si elle possède un roi. Le peuple qui combat pour toi a le droit de chercher un dernier refuge près de ton trône.
ÉRIC
Ton zèle me retient; mais oublie que je suis jeune, donne-moi des armes, et s'il faut que, triomphant de la valeur de ton fils , le cruel Sverker pénètre jusqu'à ce château , laisse-moi mourir en roi.
FOLKE JARL.
0 mon roi! quel nom viens-tu de prononcer devant un père au désespoir ! J'ai retiré du combat un bras inutile , afin de mourir ici , et de te défendre contre l'ennemi que j'avais laissé près de toi. Lorsque des soldats rebelles ont rempli l'air du nom de Su ne, j'ai frémi en pensant à ton danger ; j'ai laissé le commandement de l'armée à Fale Bure, et me suis hâté de me rendre près de toi... Pourquoi ne t'ai-je pas vengé sur mon fils séduit? où est-il?., il se dérobe à ma vue pour combler la mesure de ses crimes. Ah! combien, en lui accordant la vie , tu as été abusé par ta bonté !
ÉRIC
Crois-tu qu'Éric puisse se tromper sur le fils de Folke? il est digne de mon amitié. Sune raffermira cette nuit le trône que son jpère m'a conservé.
FOLKE JARL.
Qu'entends-je ! . . dois-je croire ?. . Est-il bien vrai ? j'aurai le bonheur de voir couler mon sang pour Éric! Si Sune est mon fils, son dévouement égalera le mien... Heureusement que l'objet qui l'a rendu
3o* SUNE JARLf
coupable n'arrêtera plus son bras... Hélène s'est jetée avec désespoir au milieu de notre armée, a suspendu le combat par ses cris, et s'est de nouveau constituée ta prisonnière.
ÉRIC
Qui a pu l'engager à abandonner son père ?